César 2026 : Une cérémonie entre dignité et engagement politique
César 2026 : Dignité et engagement politique

Une soirée des César 2026 entre gravité et fantaisie

La 51e cérémonie des César s'est déroulée dans une atmosphère mêlant dignité et engagement, loin des dérapages des éditions précédentes. Les femmes, tant sur scène que parmi les lauréates, ont incarné une sérénité et une élégance exemplaires, contribuant à redorer l'image d'une profession parfois écornée par l'entre-soi.

Le plaidoyer poignant de Golshifteh Farahani

Un des moments les plus marquants de la soirée fut l'intervention de l'actrice iranienne Golshifteh Farahani. Apparaissant en robe sombre, les larmes aux yeux, elle a évoqué avec émotion la situation politique de son pays. S'adressant directement à son compatriote Jafar Panahi, qu'elle qualifie de « grand symbole de la résistance au cinéma », elle a décrit le supplice du peuple iranien.

« Récemment, le régime a tué des dizaines de milliers de personnes de la manière la plus brutale. Les chiffres dépassent l'imaginable », a-t-elle déclaré, ajoutant que « le peuple iranien se bat depuis des décennies pour sa liberté et finira par gagner ». Ses paroles ont été saluées par de longs applaudissements.

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Isabelle Adjani et l'appel à la solidarité

Dans la même veine, Isabelle Adjani, habillée de noir, a pris la parole pour évoquer le cinéma et la liberté. Elle a invité les hommes présents dans la salle de l'Olympia à se lever en signe de solidarité avec les femmes persécutées dans le monde, notamment en Iran et en Afghanistan. Un geste inédit pour cette salle, porté par la conviction d'une actrice engagée de longue date.

Benjamin Lavernhe, un maître de cérémonie virevoltant

Pour équilibrer la gravité de ces interventions, Benjamin Lavernhe a assuré la maîtrise de cérémonie avec un humour léger et moqueur. Très à l'aise, il s'est transformé en showman, dansant en costume jaune lors d'un hommage étourdissant à Jim Carrey, César d'honneur de cette édition. Il a même apporté sur scène le vrai masque du film The Mask, prêté par le Musée du cinéma de Lyon.

Des prises de parole engagées sur le financement et l'IA

Comme le veut la tradition, la ministre de la Culture Catherine Pégard a été rappelée à son devoir de garantir le système de financement du cinéma français. Emmanuel Curtil, la voix française de Jim Carrey, a plaidé pour une législation protégeant les artistes face à l'intelligence artificielle, privilégiant « les artistes et le public plutôt que les intérêts des géants de la tech ». Catherine Cosme, lauréate du César des meilleurs décors, a souligné que « 80 artisans avaient ressuscité pour son film la France des années 80 », rappelant l'importance du travail artisanal.

Un palmarès équilibré sans razzia

Côté récompenses, aucun film n'a réalisé de razzie, contrairement à l'année précédente. Richard Linklater a remporté le César de la meilleure réalisation pour Nouvelle Vague (quatre trophées au total), tandis que le César du meilleur film est allé à L'Attachement de Carine Tardieu. Valeria Bruni Tedeschi et Vimala Pons ont été récompensées pour leurs rôles dans ce film.

Le meilleur film étranger est Une bataille après l'autre de Paul Thomas Anderson, favori aux Oscars, et le film d'animation Arco d'Ugo Bienvenu a remporté trois Césars, avec des chances de succès à Los Angeles.

Une cérémonie qui marque un changement

Notons que ces César 2026 se déroulaient un jeudi, signe d'un changement où les mauvaises blagues et invectives du passé ont laissé place à plus de dignité. Cette soirée a rappelé, sans tapage, que le cinéma n'échappe pas à la politique et au chaos du monde, et qu'il est bon de le dire avec cette force et cette dignité.

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