Un film irakien rare projeté à Saint-Chély-d'Apcher
Le cinéma irakien, quasi inexistant depuis l'ère de Saddam Hussein, connaît un événement notable avec la sortie de "Le Gâteau du président". Ce petit film, à la fois exotique et attachant, est actuellement projeté cette semaine à Saint-Chély-d'Apcher, offrant une fenêtre unique sur une cinématographie méconnue.
Une héroïne de 10 ans face à un défi dantesque
Le récit suit une jeune fille de 10 ans, débrouillarde et culottée, qui se retrouve confrontée à une situation intime dramatique : elle a été tirée au sort pour préparer un gâteau d'anniversaire pour Saddam Hussein. Sans un sou en poche, elle doit se procurer farine, sucre et œufs, dans un monde où la rareté et la dureté sont omniprésentes.
Le film explore le thème classique de l'enfance filmée comme un univers d'une dureté totale, où les adultes semblent indifférents aux tragédies qui se jouent chez les plus petits. Le réalisateur Hasan Hadi porte une attention particulière à ce petit monde secret, dépeignant un jeune être courageux, malmené, mais têtu et malin.
Un arrière-plan politique bien tenu
En arrière-plan, le film évoque avec subtilité le caprice d'un dictateur, les ravages de la guerre, et l'indifférence du monde extérieur. Cette toile de fond enrichit le récit, ajoutant une dimension politique et sociale à la chronique d'une enfance confrontée au drame.
Les forces et faiblesses d'un premier film
Malgré ses qualités, "Le Gâteau du président" révèle certaines maladresses. L'émotion ne monte pas toujours autant qu'attendu, peut-être en raison du jeu de la jeune actrice, parfois un peu flou, ou du personnage principal qui manque de sympathie en fin de compte. Hasan Hadi semble hésiter entre la peinture d'une fresque politique et la chronique intime, ce qui peut laisser le spectateur un peu extérieur à l'histoire.
Néanmoins, ce premier film recèle de merveilleux trésors. Il témoigne d'un vrai talent de mise en scène, même si le réalisateur n'a pas encore tout à fait les épaules pour un tel projet. Les amateurs de cinéma, notamment ceux habitués aux œuvres de Panahi et Kiarostami, trouveront ici une œuvre digne d'intérêt, qui mérite d'être découverte pour sa rareté et son authenticité.



