« Coutures » d'Alice Winocour : un film qui s'égare dans les clichés
Le cinquième long-métrage d'Alice Winocour, « Coutures », sort en salles ce 18 février 2026. Ce drame met en scène trois femmes dont les destins se croisent durant la Fashion Week parisienne : une réalisatrice américaine confrontée à un cancer du sein (Angelina Jolie), une jeune mannequin soudanaise (Anyier Anei) et une maquilleuse aspirant à l'écriture (Ella Rumpf).
Une ronde de solitudes maladroite
Après les remarqués « Proxima » et « Revoir Paris », la cinéaste tente à nouveau de lier les dilemmes intimes de femmes à la peinture d'un milieu professionnel, ici celui de la haute couture. Malheureusement, le film court trop de lièvres à la fois, s'embourbant dans un alignement superficiel de situations convenues.
Le sujet du cancer, pourtant personnel à la fois pour Winocour et pour Angelina Jolie, ne parvient pas à émouvoir. La star américaine, au visage figé, ne laisse transparaître aucune vérité dans son jeu. Face à Vincent Lindon, qui incarne son oncologue, c'est davantage l'icône hollywoodienne que le personnage que l'on voit.
Une distribution people qui gêne aux entournures
Le casting prestigieux, comprenant également Louis Garrel et Aurore Clément, éclipse complètement les deux autres héroïnes. Anyier Anei et Ella Rumpf, pourtant essentielles à la trame narrative, se retrouvent reléguées au second plan par la présence écrasante des têtes d'affiche.
Cette accumulation de stars nuit à l'équilibre du film et gêne aux entournures la mise en scène atmosphérique chère à Winocour. La peinture du milieu de la mode, qui aurait pu être fascinante, se réduit à une succession de clichés visuels sans profondeur.
Malgré ses ambitions et un sujet potentiellement puissant, « Coutures » rate sa cible, sacrifiant la cohérence narrative et l'authenticité des personnages sur l'autel du casting people. Un rendez-vous manqué pour la cinéaste, qui avait pourtant montré avec ses précédents films sa capacité à traiter avec justesse des parcours féminins complexes.



