Le cinéma français démarre en trombe avec Marsupilami en tête du box-office
Cinéma français : Marsupilami démarre fort, LOL 2.0 et Hurlevent en vedettes

Un démarrage spectaculaire pour le cinéma français

Porté par le succès impressionnant de Marsupilami, qui frôle le million d'entrées dès son premier week-end d'exploitation, le cinéma français commence l'année en fanfare. La comédie de la Bande à Fifi s'installe largement en tête du box-office, devant Gourou qui poursuit sa belle trajectoire, tandis que La Femme de ménage complète le podium.

Les locomotives populaires et les prolongations feel good

Dans ce paysage cinématographique dominé par ces locomotives populaires, LOL 2.0 vient jouer les prolongations feel good avec une Sophie Marceau lumineuse dans cette suite d'une comédie générationnelle devenue culte. Autre curiosité très attendue, Hurlevent propose une relecture fiévreuse et très personnelle du roman d'Emily Brontë, portée par Margot Robbie et Jacob Elordi.

La place des auteurs et des découvertes

La semaine laisse aussi une place importante aux auteurs. Park Chan-wook détourne Le Couperet de Donald E. Westlake en comédie noire acide, Sam Raimi retrouve la veine insolente de sa série B avec Send Help, et Gabriel Mascaro signe avec Les Voyages de Tereza une dystopie politique au Brésil autour de la vieillesse, récompensée par le Grand Prix du jury à la dernière Berlinale.

Des films qui méritent le détour

À côté de ces têtes d'affiche, plusieurs films méritent véritablement le détour :

  • L'Infiltrée, première réalisation d'Ahmed Sylla, réussit une comédie taillée pour les séances pop-corn en famille
  • Les Dimanches touche par sa délicatesse et son regard sur la foi
  • Urchin impressionne par son âpreté et son attention aux corps abîmés

LOL 2.0 : le retour d'une comédie générationnelle

Sophie Marceau est de retour devant la caméra de Lisa Azuelos dans LOL 2.0, suite de la comédie générationnelle de 2008 sur les vertiges des premiers amours et l'alchimie secrète entre parents et enfants. Anne, interprétée par Sophie Marceau, voit sa vie bouleversée lorsque sa fille Louise (Thaïs Alessandrin) revient à la maison après un échec professionnel et sentimental, tandis que son fils Théo (Victor Belmondo) lui annonce qu'elle va devenir grand-mère.

Dans le registre sensible d'une quinquagénaire qui assume, Sophie Marceau est drôle, naturelle et inattendue, parfaitement dans le ton face à Thaïs Alessandrin. Une comédie romantique qui fait du bien et qui aborde avec justesse les thèmes de la famille recomposée et du passage du temps.

Hurlevent : un hommage fiévreux à Emily Brontë

La réalisatrice britannique Emerald Fennell livre avec Hurlevent une adaptation très personnelle du roman d'Emily Brontë, se concentrant uniquement sur la relation complexe de Cathy (Margot Robbie) et Heathcliff (Jacob Elordi). Ce Hurlevent-là restitue plutôt un souvenir de lecture, un tourbillon d'émotions très personnel qui remonte en partie à l'adolescence de la réalisatrice.

Esthétiquement, le film surprend en permanence, mêlant hommage aux grands mélos hollywoodiens, décors inquiétants à la Tim Burton et bande-son originale de Charlie XCX. Emerald Fennell réussit une histoire d'amour enfiévrée excellemment jouée par deux stars charismatiques et portée par la langue de Brontë.

Les autres films marquants de la semaine

Parmi les autres films à ne pas manquer :

  1. Aucun autre choix de Park Chan-wook, une comédie noire coréenne qui démonte les mécanismes de la violence chez un homme ordinaire
  2. Send Help de Sam Raimi, un retour aux sources pour le réalisateur avec cette comédie survivaliste
  3. Les Voyages de Tereza de Gabriel Mascaro, une dystopie politique puissante sur la vieillesse dans un Brésil futuriste
  4. Urchin, premier long métrage de Harris Dickinson, qui observe avec compassion la vie des sans-abris londoniens

Des comédies qui surprennent

L'Infiltrée, première réalisation d'Ahmed Sylla, fonctionne mieux qu'attendu grâce à des blagues bien écrites et un casting surprenant. Kaaris se révèle particulièrement convaincant dans le rôle d'un parrain de criminelles, tandis que Sandra Parfait impose une présence solide et charismatique. Habitué aux transformations, Sylla évolue comme un poisson dans l'eau, multipliant les situations absurdes sans jamais forcer le trait.

Des adaptations réussies

Les Enfants de la résistance, adaptation de la série de bande dessinée à succès, est une jolie réussite. Christophe Barratier réussit la délicate transposition des multiples tonalités qui traversent la série, en s'appuyant sur une distribution au sommet de laquelle trône un Artus bluffant et impeccable.

Stand by Me, adaptation de la nouvelle The Body de Stephen King, fête ses quarante ans et son charme n'a toujours pas déraillé d'un pouce. Souvent hilarant, parfois angoissant, toujours attendrissant, ce classique des années 80 nous touche sans forcer et reste l'une des adaptations préférées par King d'un de ses textes.

Des films qui interrogent

Les Dimanches d'Alauda Ruiz de Azua bouleverse par sa grâce et son traitement délicat du thème de la foi. Le film suit Anaira, une jeune fille de 17 ans qui annonce à sa famille qu'elle veut entrer dans les ordres, déclenchant incompréhension et questionnements chez ses proches.

Soulèvements de Thomas Lacoste donne la parole aux militants des Soulèvements de la Terre, devenus l'un des mouvements écologistes les plus débattus. À travers une suite de témoignages face caméra, le film devient un plaidoyer intéressant sociologiquement, montrant des femmes et des hommes qui ont fait de la cause environnementale l'axe central de leur vie.