Sorties cinéma du 22 avril : exil rohingya, conte tchadien et orchestre parisien
Cinéma : exil rohingya, conte tchadien et orchestre parisien

Sorties cinéma du mercredi 22 avril : trois œuvres à ne pas manquer

Ce mercredi 22 avril, les salles obscures accueillent trois propositions cinématographiques distinctes, allant du drame humanitaire au documentaire musical en passant par un conte onirique.

"Les Fleurs du manguier" : l'innocence face à l'horreur

Le film d'Akio Fujimoto, d'une durée de 1 heure 38 minutes, plonge le spectateur dans le périple terrible de deux enfants rohingyas. Shafi, âgé de 4 ans, et sa sœur Somira, 9 ans, sont des orphelins appartenant à cette minorité musulmane persécutée. Ils fuient un camp de réfugiés au Bangladesh et entament, pieds nus, une quête périlleuse.

Le réalisateur évite avec brio les écueils du pathos et de la démonstration. En suivant au plus près, souvent avec une caméra portée, ces deux enfants, il capture leur espièglerie et leur innocence au cœur d'un monde effroyable. Leur parcours bouleverse par sa simplicité et sa force émotionnelle.

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"Soumsoum, la nuit des astres" : un conte féministe et animiste

Dans ce dixième film de Mahamat Saleh-Haroun, d'une durée de 1 heure 41 minutes, l'action se déroule dans un village isolé du Tchad. Kellou, interprétée par Maïmouna Miawama et âgée de 17 ans, est traversée par des visions mystérieuses. Elle se lie d'amitié avec Aya, une marginale, qui l'invite à porter un regard neuf sur ses rêves et son histoire personnelle.

Le cinéaste franco-tchadien signe ici un conte singulier, situé au croisement de l'animisme et du féminisme. Formellement splendide, l'œuvre élargit sa palette habituelle d'épure et de silences vers un onirisme envoûtant, offrant une expérience visuelle et narrative riche.

"Nous l'orchestre" : le collectif sous la loupe

Philippe Béziat, après son documentaire sur "Indes Galantes", propose cette fois une immersion au sein de l'Orchestre de Paris. D'une durée de 1 heure 30 minutes, le film explore en profondeur la notion de collectif à travers les témoignages de musiciens.

Les paroles se libèrent, complétant les séquences de répétitions et de concerts où l'ensemble joue en parfaite harmonie. Le réalisateur insiste sur l'importance du respect strict de la partition, un cadre qui génère parfois des frustrations, mais aussi sur la quête de chaque individu pour trouver sa place au sein du groupe.

Le panorama est complet, évitant l'aspect didactique grâce à des envolées musicales puissantes, avec un "gros son" qui amplifie les vibrations émotionnelles. Les jeunes pleins d'espoir et les musiciens plus expérimentés partagent leurs réflexions face caméra, créant un portrait nuancé de la vie orchestrale.

Ces trois films, aux durées et thèmes variés, offrent un éventail captivant pour les cinéphiles en quête d'histoires humaines, de beauté formelle et de réflexions sur l'art et la société.

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