La chapelle du Rosaire de Vence : une œuvre à deux mains révélée par Arte
La chaîne Arte diffuse ce dimanche un documentaire captivant qui lève le voile sur l'histoire méconnue derrière la chapelle du Rosaire de Vence, ultime création du peintre Henri Matisse. Réalisé par Joséphine Duteil, ce film mêlant animation et archives explore en profondeur la relation déterminante entre l'artiste et Monique Bourgeois, devenue sœur Jacques-Marie, une dominicaine dont le rôle fut capital dans la genèse de ce chef-d'œuvre architectural.
Une rencontre décisive pour l'art sacré
Le documentaire retrace comment la rencontre entre Henri Matisse, alors âgé et malade, et cette jeune sœur dominicaine a donné naissance à l'un des joyaux de l'art religieux du XXe siècle. Sœur Jacques-Marie, initialement infirmière du peintre, devient rapidement son assistante, son modèle et surtout la véritable initiatrice du projet de chapelle.
« L'idée était là, mais pour qu'elle prenne, il fallait que ce soit porté par quelqu'un, et sœur Jacques a été cette personne-là », explique la réalisatrice Joséphine Duteil. Le film montre comment cette collaboration improbable a permis à Matisse de concrétiser un rêve artistique qui le hantait depuis 1941.
Une collaboration artistique complexe et méconnue
Le documentaire aborde avec nuance la relation multiforme qui unissait le vieux maître et la jeune religieuse. « C'était une amitié extrêmement intense, qui s'est déployée sur des années, complexe à bien des égards », précise la réalisatrice. Le film explore les différentes facettes de ce duo : relation de soins, collaboration professionnelle, soutien moral et créatif, sans occulter les rapports de pouvoir inhérents à leurs différences d'âge, de genre et de statut.
Joséphine Duteil souligne l'importance de redonner sa place à sœur Jacques-Marie : « On mesure que derrière chaque œuvre, il y a l'attention, le soutien matériel, moral, émotionnel et psychologique des gens qui épaulent les créateurs. Et souvent ce sont des femmes et c'est un travail qui est totalement invisibilisé ».
La chapelle du Rosaire : un héritage commun
Le documentaire présente la chapelle de Vence comme l'aboutissement d'une aventure humaine et artistique partagée. Pour Matisse, ce projet devint une véritable raison de vivre durant ses dernières années, lui permettant de transcender la maladie qui le minait. « C'était son œuvre testament », rappelle la réalisatrice, soulignant comment cette création a à la fois consumé et porté l'artiste jusqu'à son achèvement.
La chapelle du Rosaire représente ainsi bien plus qu'un simple lieu de culte : c'est un espace vivant, témoignage d'une collaboration exceptionnelle entre un génie de la peinture moderne et une religieuse dont le rôle déterminant méritait d'être mis en lumière.
Une approche documentaire renouvelée
Contrairement au documentaire existant sur le sujet datant de 2004, cette nouvelle production choisit de raconter l'histoire principalement à travers les mots de sœur Jacques-Marie, s'appuyant notamment sur son autobiographie. Cette perspective originale permet de comprendre comment une femme venue d'un milieu extérieur au monde de l'art a pu jouer un rôle si crucial dans le processus créatif de l'un des plus grands peintres du siècle.
Le documentaire « La chapelle du Rosaire, le dernier chef-d'œuvre de Matisse » est à découvrir ce dimanche à 17h45 sur Arte, ainsi que sur la plateforme arte.tv, offrant une plongée fascinante dans les coulisses de la création d'un monument artistique majeur.



