Bruno Dumont, cinéaste à la filmographie aussi singulière qu'exigeante, a dévoilé en compétition officielle du Festival de Cannes 2026 son nouveau long-métrage intitulé « Les Roches Rouges ». Loin de l'atmosphère sombre de ses précédents opus, le réalisateur signe une comédie burlesque et poétique centrée sur une bande d'enfants en vacances d'été. Le film, présenté comme une « fête des gosses » par son auteur, a surpris et enchanté la Croisette.
Un retour à l'enfance
Avec « Les Roches Rouges », Bruno Dumont explore un registre inattendu : celui de l'enfance insouciante et de la liberté estivale. Le film suit les aventures d'un groupe d'enfants âgés de 8 à 12 ans, partis camper dans un site naturel préservé du sud de la France, les célèbres roches rouges. Le récit, découpé en plusieurs épisodes, mêle gags visuels, dialogues absurdes et moments de grâce contemplative. Dumont, connu pour son style austère et minimaliste, semble ici s'être libéré de toute contrainte formelle pour embrasser une forme de pureté enfantine.
Un casting composé d'enfants non-professionnels
Fidèle à sa méthode, le cinéaste a fait appel à des enfants non-professionnels, repérés lors de castings sauvages dans les écoles de la région. Les jeunes acteurs, âgés de 7 à 13 ans, apportent une authenticité et une spontanéité rares à l'écran. Leurs dialogues, souvent improvisés, donnent au film une fraîcheur désarmante. Parmi les adultes, on retrouve l'actrice Léa Seydoux dans le rôle d'une mère célibataire débordée, et Jean-Pierre Bacri (dans l'un de ses derniers rôles) en gardien de camping bourru.
Une comédie qui n'oublie pas la profondeur
Sous ses airs de farce légère, « Les Roches Rouges » aborde des thèmes chers à Dumont : la solitude, la mort, la spiritualité. Les enfants, confrontés à la disparition d'un oiseau ou à la maladie d'un ami, expérimentent des émotions complexes avec une naïveté désarmante. Le cinéaste parvient à mêler le rire et l'émotion, le grotesque et le sublime, dans une œuvre qui semble vouloir capter l'essence même de l'enfance.
Une mise en scène épurée
La photographie, signée Guillaume Deffontaines, magnifie les paysages de la région des Calanques, avec leurs falaises ocre et leurs eaux turquoise. Les plans larges et les longues prises de vue laissent place à une contemplation presque documentaire. La bande originale, composée par Philippe Sarde, mêle mélodies enfantines et sonorités électroniques, renforçant le décalage temporel du film.
Accueil critique et réactions
La projection de presse a suscité des réactions contrastées, mais majoritairement positives. Certains critiques ont salué un « retour aux sources » et une « bouffée d'air frais » dans une compétition souvent très sérieuse. D'autres, plus réservés, ont pointé un côté brouillon et une certaine longueur. Quoi qu'il en soit, le film a provoqué des rires francs et des applaudissements nourris. Le réalisateur, visiblement ému, a déclaré en conférence de presse : « Je voulais faire un film qui soit une fête, une célébration de la vie, de l'enfance, de l'été. J'espère que les spectateurs retrouveront cette joie simple. »
« Les Roches Rouges » sortira en salles le 26 août 2026. En attendant, le film reste en lice pour la Palme d'or, qui sera décernée le 28 mai prochain.



