Cannes 2026 : Frémaux défend la neutralité politique du festival face aux controverses
Cannes 2026 : Frémaux défend la neutralité politique du festival

Cannes 2026 : Frémaux défend la neutralité politique du festival face aux controverses

Dans un contexte où les festivals cinématographiques sont régulièrement secoués par des débats politiques, Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, a pris position jeudi 9 avril 2026. Alors que la sélection officielle de la 79e édition, qui se tiendra du 12 au 23 mai, vient d'être dévoilée, il a clairement affirmé que l'institution n'avait pas vocation « à prendre parti » sur les questions politiques.

Un événement apolitique dans un monde politisé ?

Cette déclaration intervient après la polémique qui a emporté la Berlinale en février 2026, lorsque son président de jury, Wim Wenders, a estimé que le cinéma devait « rester en dehors de la politique ». Interrogé sur cette controverse, Thierry Frémaux a nuancé son propos en expliquant que Cannes était avant tout « le reflet de l'engagement des artistes ».

Il a développé cette idée en précisant : « On a coutume de dire que le Festival de Cannes est politique quand les films sont politiques, quand les auteurs sont politiques ». Selon lui, l'art est « très souvent politique », mais l'institution elle-même doit conserver sa neutralité. « Le Festival ne prend pas de position politique » et « n'est pas là pour prendre parti », a-t-il insisté.

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Le cas Zelensky : une exception justifiée

Thierry Frémaux a toutefois pris soin de justifier une décision passée qui pourrait sembler contradictoire : l'invitation du président ukrainien Volodymyr Zelensky lors de l'édition de 2022, peu après le début de l'invasion russe. Il a expliqué que « la guerre venait d'être déclarée […] et il nous avait semblé que, lui, ex-comédien, pouvait mériter les honneurs du Festival pour raconter la tragédie que vivait son pays, et que son pays vit encore ».

Cette intervention est présentée comme une exception contextuelle, liée à la gravité immédiate des événements, et non comme un précédent établissant une ligne politique pour le festival.

Absence des grands studios hollywoodiens : une question de cycles

Par ailleurs, Thierry Frémaux a minimisé la portée de l'absence notable de films des grands studios hollywoodiens dans la sélection cannoise cette année. Il a comparé le festival à « un instantané photographique à un moment du printemps », ajoutant avec optimisme : « l'an prochain, on se retrouvera et vous allez me dire : 'Cette année, il y a beaucoup de films de studio' ».

Cette remarque souligne la vision cyclique et évolutive de la programmation, qui varie selon les années et les productions disponibles.

La course à la Palme d'Or 2026

Pour cette édition 2026, 21 films ont été sélectionnés pour briguer la prestigieuse Palme d'Or. Ils succéderont à Un simple accident, du réalisateur iranien Jafar Panahi, lauréat de l'édition précédente. Cette sélection, bien que dépourvue de blockbusters hollywoodiens, promet de mettre en lumière des œuvres engagées et artistiquement fortes, reflétant ainsi la diversité et la vitalité du cinéma mondial contemporain.

En définitive, Thierry Frémaux réaffirme avec fermeté la ligne du Festival de Cannes : un espace où la politique peut s'exprimer à travers les films et les artistes, mais où l'institution elle-même garde une distance neutre, préservant ainsi son rôle de plateforme artistique avant tout.

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