Canal+ a annoncé la fin de son partenariat avec le Festival du court métrage de Clermont-Ferrand, mettant un terme à une collaboration qui durait depuis 38 ans. La chaîne cryptée, qui était le principal partenaire privé de l'événement, ne renouvellera pas son contrat à partir de 2024. Cette décision, confirmée par la direction du festival, laisse un trou financier important pour la manifestation qui se tient chaque année dans le Puy-de-Dôme.
Un partenariat historique qui prend fin
Depuis 1986, Canal+ soutenait le Festival du court métrage de Clermont-Ferrand, devenant au fil des années un acteur clé de son développement. Le montant de ce partenariat n'a pas été divulgué, mais il représentait une part significative du budget de l'événement, estimé à environ 2,5 millions d'euros. Selon les organisateurs, cette contribution permettait notamment de financer les prix, les projections et les actions de médiation.
Les raisons du désengagement
Interrogée sur les motifs de ce désengagement, la direction de Canal+ a évoqué une réorientation de sa stratégie de mécénat. « Nous souhaitons concentrer nos efforts sur des partenariats plus en phase avec nos nouveaux axes éditoriaux », a déclaré un porte-parole de la chaîne. Cette décision intervient dans un contexte de restructuration du groupe Vivendi, propriétaire de Canal+, qui cherche à réduire ses coûts. Le festival, de son côté, a exprimé sa « surprise et sa déception » face à cette annonce, selon un communiqué publié mercredi.
Un impact financier et symbolique
La perte de ce partenaire historique représente un défi pour le festival, qui doit désormais trouver de nouvelles sources de financement. « C'est un coup dur, car Canal+ était avec nous depuis le début. Cela représente environ 20 % de notre budget », a confié le délégué général du festival, Laurent Crouzeix, à l'AFP. Au-delà de l'aspect financier, ce départ marque la fin d'une époque pour un événement qui a contribué à l'essor du court métrage en France. Le festival, qui attire chaque année plus de 150 000 spectateurs et 3 000 professionnels, devra repenser son modèle économique.
Des alternatives en réflexion
Les organisateurs du festival assurent qu'ils travaillent déjà à la recherche de nouveaux partenaires. « Nous avons des pistes sérieuses, notamment avec des acteurs du numérique et des fondations », a précisé Laurent Crouzeix. Le festival espère également renforcer ses liens avec les collectivités locales, déjà impliquées à hauteur de 40 % du budget. La ville de Clermont-Ferrand et la région Auvergne-Rhône-Alpes ont d'ores et déjà réaffirmé leur soutien. La prochaine édition, prévue en février 2025, devrait se dérouler normalement, mais avec un budget réduit.



