Canal+ ne financera plus les films qui portent préjudice à son image
Canal+ ne financera plus les films qui portent préjudice à son image

Un accord historique de 980 millions d'euros

Le président de Canal+, Maxime Saada, a réaffirmé ce mardi 28 juillet que son groupe ne financera plus les films dont les auteurs portent "préjudice à l'image" de Canal+. Cette déclaration intervient au lendemain de la signature d'un accord quinquennal de 980 millions d'euros dédié au cinéma français et européen, couvrant la période 2028-2032. L'accord, négocié de longue date, prévoit des investissements de 190 millions d'euros par an entre 2028 et 2030, puis 205 millions en 2031 et 2032.

Une polémique née à Cannes

Cette annonce fait suite à une vive controverse lors du Festival de Cannes en mai 2026. Une tribune dénonçant "l'emprise grandissante de l'extrême droite" dans le septième art, visant le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, actionnaire de référence de Canal+, avait provoqué des huées lors du générique des productions du groupe. En réaction, Maxime Saada avait initialement affirmé que Canal+ ne financerait plus les films des signataires, avant de nuancer ses propos en assurant ne pas vouloir dresser une "liste noire".

La position de Maxime Saada : pas de liste noire, mais une exigence de respect

Interrogé par l'AFP en marge des résultats semestriels, le dirigeant a martelé : "C'est 1% des gens qui ont signé cette pétition. Je reste sur ma position qui est que, si des gens portent préjudice à l'image de Canal+, on ne financera pas leur film." Il a ajouté : "C'est quelque chose qui va être pris en considération et cela paraît naturel." Toutefois, Saada a tenu à rassurer : "On n'a, en revanche, jamais changé notre politique, et on ne la changera pas, de diversité du cinéma français."

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Diversité et chronologie des médias

Dans le cadre de l'accord, "on a insisté sur la diversité, les premiers films, les nouveaux films, les nouveaux talents, les films d'animation", a souligné Maxime Saada. L'accord permettra à Canal+ de proposer à ses abonnés les plus grands films français, européens et internationaux six mois après leur sortie en salles. Saada s'est félicité de conserver cet "avantage compétitif" face à la pression des plateformes comme Netflix ou Disney+ pour avancer la chronologie des médias. "Je ne souhaitais pas avancer davantage parce que je pensais que ça pouvait commencer à être un problème pour les salles", a-t-il expliqué.

Un financement sur cinq ans pour assurer l'avenir du cinéma français

C'est la première fois qu'un tel accord porte sur cinq années. "Si on doit construire et faire évoluer son offre, il faut du recul, il faut du temps et donc j'ai toujours été favorable à un accord long", a justifié le dirigeant. Interrogé sur les raisons de la conclusion de l'accord, négocié de longue date, Saada a estimé que "les producteurs se rendent compte qu'au fond, l'acteur le plus intéressé au financement du cinéma, et plus globalement à l'avenir du cinéma français, c'est quand même Canal+".

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale