Une nouvelle polémique secoue le monde du cinéma français. Dans une tribune publiée par Libération, plusieurs personnalités du septième art dénoncent l'emprise croissante de Vincent Bolloré sur le secteur. Selon elles, le magnat des médias, à la tête du groupe Canal+, exercerait une pression telle que les signataires de cette tribune seraient désormais blacklistés par la chaîne cryptée.
Des accusations graves
La tribune, intitulée "Pour un cinéma libre et indépendant", a été signée par une centaine de professionnels, dont des réalisateurs, producteurs et acteurs. Ils y critiquent la mainmise de Bolloré sur la production et la distribution de films, estimant que cela menace la diversité culturelle. En réponse, Canal+ aurait pris des mesures de rétorsion en excluant certains signataires de ses projets et en refusant de diffuser leurs œuvres.
Un précédent inquiétant
Ce n'est pas la première fois que des accusations de ce type émergent. En 2022, une enquête de Mediapart avait déjà mis en lumière des pratiques similaires. Des producteurs indépendants affirmaient alors que leurs films étaient systématiquement écartés des grilles de Canal+ après avoir critiqué la politique du groupe. Pour les signataires de la nouvelle tribune, il s'agit d'une atteinte grave à la liberté d'expression et à la création artistique.
La réaction de Canal+
Interrogée par Libération, la direction de Canal+ a démenti toute forme de blacklistage. "Canal+ est un acteur majeur du cinéma français et respecte la diversité des opinions. Les choix de programmation sont basés sur des critères éditoriaux et non sur des considérations personnelles", a déclaré un porte-parole. Cependant, plusieurs signataires affirment avoir été contactés par des intermédiaires pour les dissuader de signer la tribune, ce qui laisse planer un doute sur la version officielle.
Un appel à la transparence
Face à ces accusations, les signataires demandent une enquête indépendante sur les pratiques de Canal+. Ils appellent également les pouvoirs publics à renforcer la régulation des médias pour éviter les conflits d'intérêts. "Le cinéma ne peut pas être otage d'un seul homme d'affaires", conclut la tribune. Cette affaire intervient alors que le projet de fusion entre Canal+ et le groupe M6 est toujours en examen par l'Autorité de la concurrence. Une décision est attendue dans les prochains mois.



