Le mystérieux silence de Bennett Miller enfin rompu
Bennett Miller, lors de l’exposition qui lui était consacrée à la galerie Gagosian, à Paris, en janvier 2025. SWAN GALLET/WWD / GETTY Bennett Miller est, à 59 ans, l’un des grands réalisateurs américains des années 2000 et 2010 et le seul de sa génération à proposer une filmographie aussi mince. Trois films en dix ans, trois réussites : Truman Capote (2005), qui reconstituait l’affaire criminelle ayant permis à l’écrivain d’écrire son célèbre roman De sang-froid et qui a valu à Philip Seymour Hoffman de remporter l’Oscar du meilleur acteur ; Le Stratège (2011), avec Brad Pitt ; Foxcatcher (2014), prix de la mise en scène au Festival de Cannes, avec Steve Carell et Channing Tatum.
Une absence prolongée qui intrigue
Mais, depuis douze ans, le nom de Bennett Miller avait disparu des grands écrans. Un cas pour le moins étonnant, tant le talent du cinéaste semblait n’avoir aucune limite. Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Bennett Miller : « Je vois mon film comme un lent fondu au noir » Lire plus tard La sortie, le 4 mars, de son tout premier film, La Croisière (The Cruise), un documentaire sorti aux Etats-Unis en 1998 mais inédit en France, au-delà de satisfaire ses admirateurs, va encore attiser les regrets. Car il révèle un grand documentariste.
La Croisière : un documentaire révélateur
La caméra suit un guide pour le moins étonnant, Timothy « Speed » Levitch, qui fait visiter New York à des touristes, au premier étage d’un bus à impériale. Chaque tour se transforme en véritable spectacle. Levitch connaît parfaitement la ville, jusqu’au domicile du plus obscur écrivain ayant vécu à Greenwich Village. Il relate toutes les anecdotes, de l’addiction à la boisson de l’un à la tentative de suicide de l’autre. L’homme n’est pas seulement un puits de science. Il est aussi un maître du phrasé, d’où son surnom, « Speed » (« rapide »), lié à son ahurissant débit verbal.
Cette redécouverte de La Croisière met en lumière une facette méconnue du réalisateur, soulignant son habileté à capturer l’essence humaine à travers des portraits intimes. Le film, bien que datant de 1998, conserve une fraîcheur et une pertinence remarquables, offrant un regard unique sur la ville de New York et ses habitants. Les admirateurs de Miller pourront ainsi apprécier la cohérence de son œuvre, qui navigue entre fiction et réalité avec une même acuité narrative.
L’absence prolongée de Bennett Miller des plateaux de tournage reste un mystère pour beaucoup dans l’industrie cinématographique. Certains spéculent sur des projets secrets ou une pause créative, mais aucune confirmation n’a été apportée. Quoi qu’il en soit, la sortie de La Croisière en France ravive l’intérêt pour ce cinéaste discret, rappelant que son talent ne se limite pas à ses films acclamés, mais s’étend aussi au domaine documentaire.
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