Le tournage du film « Le Daim » dans la maison historique de Bedous
Du 4 mars au 14 avril 2018, le cinéaste Quentin Dupieux a installé son équipe dans la maison d'hôte Laclède, un bâtiment du XVIIe siècle situé à Bedous, pour tourner les scènes d'intérieur de son film « Le Daim ». Cet événement a marqué la vie de la propriétaire, Cécile Teisseire, qui partage son témoignage sur cette aventure cinématographique.
Une maison transformée pour les besoins du film
Quentin Dupieux a été séduit par cette maison historique après avoir vu des photos présentées par son repéreur en février 2018. Il a décidé d'y tourner pendant un mois et demi, transformant les lieux pour créer l'ambiance du film. Dans cette demeure vieille de quatre siècles, Jean Dujardin incarne un personnage solitaire et fétichiste, épris d'un blouson en daim.
L'équipe de tournage a investi plusieurs pièces, notamment deux chambres à l'étage, la salle à manger et le vestibule. Ils ont procédé à des modifications importantes : retrait des meubles, repeinture de la chambre principale, et même suppression de la douche et du lavabo par des professionnels. Une armoire à trois glaces, impossible à déplacer, a été masquée par une cloison repeinte. La décoratrice a expliqué à Cécile Teisseire : « Je peux vous faire un taudis comme je peux vous faire un palace ».
Le quotidien perturbé pendant le tournage
Les propriétaires, Cécile Teisseire et son mari, ont dû quitter leur maison pour s'installer dans leur gîte. Ils ont dû respecter des consignes strictes : débrancher le téléphone, arrêter les pendules, et emmener leur chat et chien pour éviter tout bruit. Cécile Teisseire, âgée de 80 ans, a trouvé sa maison triste pendant cette période, regrettant que le tournage n'ait pas eu lieu au printemps avec la glycine en fleurs.
À la sortie du film, elle n'a pas été particulièrement emballée après l'avoir vu à Oloron, déclarant : « Mon gendre a aimé, moi j'ai souri ». Malgré cela, elle ne regrette pas l'expérience, décrivant Quentin Dupieux comme « très gentil », mais elle ne tire aucune gloire de ce tournage. Certains amis lui ont même suggéré qu'elle irait au Festival de Cannes, ce qu'elle a accueilli avec humour.
Une maison d'hôte toujours fréquentée malgré l'absence de référence au film
Malgré le passage de l'équipe de tournage, Cécile Teisseire n'affiche aucune mention du film dans sa maison d'hôte. Elle explique : « Je n'en ai pas besoin ! Les gens viennent quand même ». Avec trois chambres proposées à des prix abordables, entre 28 et 35 euros, la maison Laclède reste très prisée, selon l'Office de tourisme de Bedous. Elle accueille une clientèle variée, incluant des randonneurs, des touristes et des ouvriers.
Descendante de Pierre Laclède, fondateur de Saint-Louis dans le Missouri, Cécile Teisseire occupe cette bâtisse où son ancêtre a vécu avant d'émigrer aux États-Unis. Elle y a passé son enfance en vacances et s'y est installée à la retraite avec son mari, transformant la maison en maison d'hôtes en 1994. À 80 ans, elle continue à gérer les réservations via Internet et à accueillir ses hôtes, bien qu'elle hésite à accepter un nouveau tournage, déclarant : « À mon âge maintenant… ».
L'héritage historique et cinématographique de la maison Laclède
La maison, reconnaissable par sa tourelle dans le film, a été redécorée pour créer une pension de campagne intemporelle, baignée dans une atmosphère humide et peuplée de personnages étranges. Bien que transformée, elle conserve son caractère authentique, sans fioritures comme un jacuzzi ou une piscine, mais avec le charme d'une demeure historique gardée par une femme déterminée.
Ce tournage a laissé une trace dans les archives locales, rappelant comment le cinéma peut s'immiscer dans le patrimoine régional. Pour Cécile Teisseire, c'est une expérience mémorable, mais elle préfère se concentrer sur l'accueil de ses hôtes et la préservation de l'héritage familial, sans chercher la célébrité.



