Le triomphe annoncé de Paul Thomas Anderson aux Bafta 2026
La fresque politique Une bataille après l'autre du cinéaste américain Paul Thomas Anderson a dominé la cérémonie des Bafta 2026, remportant six prestigieuses récompenses dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur. Cette tragicomédie, qui explore la traque d'anciens révolutionnaires par des groupes suprémacistes blancs, avait reçu quatorze nominations et confirme ainsi son statut de grand favori pour les Oscars du 15 mars à Los Angeles.
Lors d'une conférence de presse suivant sa victoire, Paul Thomas Anderson a livré un message engagé, soulignant la nécessité de mener la révolution, sans violence si possible. Son film, qui fait écho aux récentes actions de la police de l'immigration (ICE) aux États-Unis, s'accompagne d'un appel aux spectateurs à garder espoir face aux tensions politiques contemporaines.
Une surprise britannique et un incident viral polémique
Les Bafta, souvent critiqués pour leur manque de mise en valeur des talents britanniques, ont créé la surprise en décernant le prix du meilleur acteur à Robert Aramayo, un Britannique de 33 ans peu connu du grand public. Sa performance dans la comédie dramatique I Swear, où il incarne un jeune homme atteint du syndrome de Tourette inspiré de l'Écossais John Davidson, lui a permis de devancer le Franco-Américain Timothée Chalamet, pourtant pressenti pour ce trophée.
La présence de John Davidson dans la salle a donné lieu à un incident devenu viral sur les réseaux sociaux. Un extrait montre des insultes racistes, dont le mot nigger, lancées aux acteurs Michael B. Jordan et Delroy Lindo pendant leur remise de prix. Le présentateur Alan Cumming s'est excusé auprès du public, expliquant que ce langage grossier faisait partie des manifestations du syndrome de Tourette chez certaines personnes.
La présence royale dans un contexte difficile
La soirée des Bafta, l'une des plus glamour du calendrier londonien, a accueilli de nombreuses stars internationales comme Leonardo DiCaprio, Emma Stone et Paul Mescal sur le tapis rouge du Southbank Centre. La présence du prince William et de la princesse Kate a particulièrement retenu l'attention, constituant leur première sortie officielle depuis l'interpellation du prince Andrew dans l'affaire Epstein.
Le prince William a confié à des organisateurs ne pas avoir vu le drame shakespearien Hamnet, malgré ses onze nominations, expliquant qu'il devait être dans un état assez calme pour apprécier ce type d'œuvre, ce qui n'était pas le cas dans le contexte familial actuel.
Palmarès diversifié et réformes structurelles
Le film Sinners de Ryan Coogler, qui avait battu des records avec seize nominations aux Oscars, a remporté trois récompenses dont celle de la meilleure actrice dans un second rôle pour Wunmi Mosaku. L'actrice britannico-nigériane de 39 ans a évoqué comment son personnage d'Annie lui avait permis de retrouver une partie de mes espoirs, de mon pouvoir ancestral et de mes liens en tant qu'immigrante.
Le palmarès reflète les réformes engagées par l'académie des Bafta depuis 2020, avec un électorat plus international qui a conduit à distinguer des œuvres comme Valeur sentimentale de Joachim Trier, premier film norvégien à remporter le prix du meilleur film non anglophone. Cette diversification contraste avec des cérémonies comme les César en France ou les Goya en Espagne, plus centrées sur leur cinéma national.
La cérémonie s'est conclue avec une apparition remarquée de l'ours Paddington, venu remettre le prix du meilleur film pour enfants et la famille à l'œuvre indienne Boong, soulignant ainsi la dimension familiale et internationale de cet événement cinématographique majeur.



