Artémis 2 vers la Lune : les fictions qui ont marqué notre imaginaire lunaire
Artémis 2 : les fictions qui ont marqué notre imaginaire lunaire

Artémis 2 et l'éternelle fascination pour la Lune

Alors que la mission spatiale Artémis 2 fonce actuellement vers la Lune, cette nouvelle étape de la conquête spatiale nous offre une occasion parfaite de nous remémorer les fictions marquantes qui ont peuplé notre imaginaire lunaire. Ces œuvres nous ont donné l'impression de devenir des astronautes le temps d'un film ou d'une série, sans jamais quitter le confort de notre fauteuil. À la fois lointaine et étrangement familière, la Lune continue de fasciner l'humanité depuis des décennies, bien avant que les premiers humains ne posent le pied sur sa surface poussiéreuse.

Les pionniers du cinéma lunaire

Dès l'année 1902, Georges Méliès ouvrait magistralement le bal avec son film emblématique Le Voyage dans la Lune. Dans cette œuvre pionnière, le réalisateur donnait un visage expressif à notre satellite naturel, allant jusqu'à l'éborgner symboliquement avec une fusée pointue. Il fut rapidement suivi par le visionnaire Fritz Lang qui réalisa en 1929 le poignant La Femme sur la Lune, une œuvre prémonitoire à bien des égards. On ne saurait non plus ignorer les bandes dessinées visionnaires d'Hergé, Objectif Lune et On a marché sur la Lune, publiées au début des années 1950, soit près de vingt ans avant la véritable mission Apollo 11.

Des reconstitutions saisissantes de réalisme

La série télévisée De la Terre à la Lune, diffusée en 1998, reste un classique absolu du genre docufiction. Cette production fait revivre avec une précision remarquable la conquête spatiale américaine, de manière à la fois instructive et profondément palpitante. Plus récemment, Apollo, la face cachée de la lune (2019) du réalisateur François Pomès, disponible sur la plateforme Disney+, captive les spectateurs grâce à un savant mélange d'images d'archives rares et de témoignages soigneusement sélectionnés. L'acteur Tom Hanks a quant à lui poussé l'expérience encore plus loin avec Destination Lune, une installation immersive projetée à l'Atelier des Lumières à Paris, permettant au public de partager virtuellement le voyage des astronautes.

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Fictions alternatives et dystopies spatiales

La série For All Mankind, diffusée sur Apple TV, propose un scénario uchronique particulièrement audacieux. Cette dystopie spatiale part d'un postulat fascinant : et si c'était l'Union Soviétique, et non les États-Unis, qui avait réussi à envoyer le premier homme sur la Lune ? Le film First Man (2018) réalisé par Damien Chazelle offre quant à lui une approche plus intimiste, avec Ryan Gosling incarnant un Neil Armstrong aussi charismatique que tourmenté, tentant désespérément de concilier vie privée tumultueuse et conquête spatiale historique. Les amateurs de science-fiction pure pourront préférer s'envoler avec Brad Pitt dans Ad Astra (2019) de James Gray, ou tenter d'empêcher notre satellite de s'écraser sur Terre dans le spectaculaire Moonfall de Roland Emmerich.

Théories du complot et curiosités cinématographiques

Parmi les anecdotes les plus surprenantes, on trouve cette théorie persistante selon laquelle l'alunissage historique de 1969 aurait été filmé en studio par le célèbre réalisateur Stanley Kubrick. Certains adeptes des théories complotistes continuent en effet d'affirmer que Neil Armstrong n'a jamais véritablement marché sur la Lune, et que le gouvernement américain aurait soigneusement mis en scène cet événement. Kubrick se serait ainsi entraîné sur le tournage de 2001, l'Odyssée de l'espace avant de recréer en studio le « petit pas pour l'homme » devenu légendaire. Le « documenteur » Opération Lune signé William Karel s'est d'ailleurs amusé à explorer avec humour ces théories conspirationnistes.

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Variations créatives autour de notre satellite

Le film Moon (2010) de Duncan Jones ou la légendaire série Cosmos 1999, créée dans les années 1970 par Sylvia et Gerry Anderson, imaginent quant à eux une Lune habitée par des colonies humaines permanentes. On conserve cependant une affection particulière pour le touchant Apollo 10 1/2 de Richard Linklater, qui adopte brillamment deux points de vue narratifs : celui des astronautes qui ont vécu l'aventure, et celui d'un enfant passionné par les fusées et l'espace. En revanche, peu de cinéphiles peuvent se vanter d'avoir vu Nude On The Moon (« Nus sur la Lune », 1961), film nudiste de Doris Wishman et Raymond Phelan, où l'on s'intéresse manifestement plus à l'anatomie humaine qu'à l'astronomie. Ces œuvres démontrent, s'il en était encore besoin, que la Lune peut se dévoiler de multiples façons à travers le prisme créatif des artistes.