Angelina Jolie de retour à l'écran dans un rôle profondément personnel
C’est un retour marquant qu’effectue Angelina Jolie sur les grands écrans français dans Coutures, le nouveau film d’Alice Winocour. Absente depuis Maria de Pablo Larraín, la star internationale incarne ici une réalisatrice américaine venue tourner un clip gothique pour la Fashion Week de Paris, qui apprend brutalement qu’elle est atteinte d’un cancer. Un rôle puissant, taillé sur mesure, qui résonne avec l’histoire personnelle de l’actrice et de la cinéaste.
Une inspiration tirée du vécu
Alice Winocour, réalisatrice de Proxima et Revoir Paris, a puisé dans sa propre expérience du cancer pour écrire ce scénario. « Quand vous êtes dans cette situation, entre la vie et la mort, vous éprouvez deux sentiments contradictoires », explique-t-elle. « D’une part, l’idée que vous vivez dans un monde à part où votre corps vous échappe ; d’autre part, une attention accrue au monde et aux trajectoires des autres, cette sensation de voir la vie palpiter autour de soi. » Cette dualité innerve le film, suivant l’héroïne entre son combat intime et les rencontres avec d’autres femmes qui l’aideront à se reconstruire.
Les « coutures » comme métaphore des cicatrices
Le titre Coutures fait directement référence aux cicatrices portées par les personnages féminins principaux. Aux côtés d’Angelina Jolie, on trouve Ella Rumpf dans le rôle d’une maquilleuse et Anyer Anei en mannequin soudanaise, toutes marquées par leurs propres blessures. Louis Garrel, Vincent Lindon et Finnegan Oldfield complètent cette distribution remarquable. Le film aborde sans détour la question des cancers féminins et leur impact sur la sexualité, la sensualité et la féminité. « J’ai aimé que cette dimension fasse partie du film, et la façon dont Alice Winocour la traite m’a semblé juste », a déclaré Angelina Jolie lors d’un passage en France.
Un engagement personnel renforçant l’authenticité
L’engagement public d’Angelina Jolie contre le cancer du sein, notamment sa double mastectomie préventive largement médiatisée, donne une résonance particulière à sa performance. « Mes cicatrices sont un choix, un choix que j’ai fait pour rester dans ce monde aussi longtemps que possible avec mes enfants, et j’aime mes cicatrices pour cette raison », a-t-elle confié sur France Inter. En choisissant de montrer ces cicatrices à l’écran, l’actrice témoigne d’une sincérité et d’un courage qui transcendent la fiction, renforçant le message du film.
Une approche documentaire loin du glamour
Alice Winocour adopte un parti pris cinématographique audacieux, flirtant avec le documentaire pour plonger dans les coulisses de la Fashion Week. Loin de célébrer le glamour superficiel de cet univers, le film met en lumière les difficultés personnelles de ses héroïnes dans un environnement souvent artificiel. Cette approche ajoute une épaisseur vécue à l’intrigue, construite comme une mosaïque où les souffrances de l’héroïne font écho à celles des autres personnages féminins. La performance d’Angelina Jolie, d’une intensité remarquable, puise sans doute dans ce qu’elle a elle-même ressenti, offrant une profondeur émotionnelle rare.
Les blessures de ces femmes, filmées avec pudeur mais sans concession, renforcent le respect que l’on éprouve pour elles et pour Coutures. Ce film attachant et nécessaire montre une volonté farouche de continuer à vivre malgré les épreuves, porté par une distribution exceptionnelle et une réalisation sensible.



