Dans un entretien accordé à Libération, les coscénaristes Anat Even et Ariel Cypel reviennent sur leur film « Collapse », qui aborde la guerre à Gaza sans jamais la montrer directement. Un choix artistique fort qui interroge notre rapport aux images de conflit.
Un parti pris radical
Plutôt que de montrer des scènes de combat ou des destructions, le film se concentre sur les conséquences psychologiques et sociales du conflit. « Nous voulions éviter le voyeurisme et la saturation des images de guerre », explique Anat Even. Le récit suit plusieurs personnages dont la vie quotidienne est bouleversée par l'effondrement de leur environnement.
Une approche documentaire et fictionnelle
Le film mêle des éléments documentaires et de fiction pour créer une atmosphère oppressante. « Nous avons travaillé avec des témoignages réels, mais aussi avec des situations imaginées pour traduire l'indicible », précise Ariel Cypel. Les sons de drones, les silences et les regards remplacent les explosions et les ruines.
Réactions et enjeux
Ce choix a suscité des débats dans les festivals. Certains critiques saluent l'audace, d'autres regrettent un manque de réalisme. « Montrer la guerre, c'est aussi la rendre visible », rétorquent les réalisateurs. « Mais notre but était de provoquer une réflexion sur ce que l'on voit et ce que l'on ne voit pas. »
Le film sortira en salles le 15 juin prochain. Une œuvre qui promet de diviser, mais qui invite à repenser notre regard sur les conflits contemporains.



