« Scarlett Johansson et moi on en aura vécu des situations de merde ensemble », plaisante Adam Driver. Si l’actrice n’était pas présente au Festival de Cannes, le comédien accompagnait son partenaire Miles Teller et le réalisateur James Gray pour la présentation de Paper Tigers. Le comédien, qui a donné vie à Kylo Ren dans la saga Star Wars, avait déjà donné la réplique à l’actrice dans Marriage Story, portrait d’un couple en plein divorce signé Noah Baumbach.
La « situation de merde » à laquelle il fait allusion dans le film autobiographique de James Gray, c’est la descente aux enfers d’une famille d’Américains moyens, les parents du cinéaste, confrontés à des épreuves douloureuses incluant la mafia russe et une maladie incurable.
Un réalisateur aux multiples talents
« James Gray est incroyable, confie Adam Driver. Non seulement, c’est un cinéphile remarquable mais il est aussi un expert des relations familiales et un merveilleux directeur d’acteurs. Vous sentez qu’il regarde votre prestation personnelle en même temps que la scène dans son intégralité. »
Une prestation impressionnante
Adam Driver impressionne dans le rôle de l’oncle du cinéaste, ancien policier arriviste aux magouilles dangereuses. À la fois grande gueule et étonnant de fragilité, son personnage essaye de trouver sa place dans le New York du milieu des années 1980.
« James Gray avait écrit un scénario très précis, insiste Adam Driver. Mais il nous ménageait de grands espaces de liberté. C’était merveilleux d’être à la fois cadré et surpris. James rend tout facile et il peut aussi se montrer très drôle. » Une profonde émotion se dégage de ce film dont l’atmosphère évolue entre Armageddon Time et La Nuit nous appartient.
En toute indépendance
Adam Driver reste très attaché au cinéma indépendant mais ne se montre pas optimiste quant à son avenir. « Il est de plus en plus difficile à financer, confie-t-il. Paradoxalement, il est moins difficile de trouver de l’argent pour un blockbuster que pour un film à petit budget. Je crois que la solution est de former des troupes d’artistes pour essayer de produire des choses de ce genre ce qui implique des sacrifices, la plupart du temps financiers. » L’acteur ne s’en plaint pas forcément. « Cela nous fera revenir à des films plus artisanaux ce qui n’est pas obligatoirement une mauvaise chose », dit-il.
Il garde un souvenir ému de son passage à Cannes pour Annette de Leos Carax. « J’ai beau être un acteur idiot qui ne connaît pas grand-chose à l’économie du cinéma, je suis persuadé que le festival aide des films comme celui de Leos Carax ou Paper Tigers, martèle-t-il. Le festival crée un buzz incroyablement utile qui met en valeur des œuvres exigeantes ayant vraiment besoin de ce coup de projecteur. » On espère que le faisceau de lumière éclairant le film de James Gray lui permettra de se faire remarquer et de figurer au palmarès.



