« A voix basse » : un film frondeur et sensuel sur les secrets d'une famille tunisienne
Critique – Drame réalisé par Leyla Bouzid, avec Eya Bouteraa et Hiam Abbass (Tunisie-France, 1h53). Sortie en salles le 22 avril 2026. Note : ★★★☆☆. Par Xavier Leherpeur, publié le 21 avril 2026 à 18h10.
Les récits de coming out, souvent trop codifiés, prévisibles et empreints de sentimentalisme excessif, ont pu lasser certains spectateurs. Pourtant, le genre continue de réserver des surprises captivantes, comme le démontre brillamment le troisième long-métrage de Leyla Bouzid, l'autrice du magnifique « Une histoire d'amour et de désir » (2021).
Un retour aux sources chargé d'émotions
Dans « A voix basse », Lilia, interprétée par Eya Bouteraa, retourne en Tunisie pour les obsèques de son oncle. Sa vie sentimentale, longtemps étouffée sous le poids d'une morale liberticide, refait surface. Pendant ce séjour, Lilia tente de faire éclater les secrets du passé familial, tout en cachant le sien : son amoureuse est logée dans un hôtel à proximité de la demeure familiale.
Ce film se distingue par son approche frondeuse et sensuelle, mêlant humour caustique et gravité délicate. Il milite avec conviction pour l'épanouissement des corps et des amours, offrant une réflexion profonde sur la libération personnelle au sein d'un contexte social rigide.
Une œuvre qui transcende les clichés
Avec des performances remarquables d'Eya Bouteraa et Hiam Abbass, « A voix basse » évite les écueils du genre pour proposer une narration fine et nuancée. La réalisation de Leyla Bouzid capture avec sensibilité les tensions et les non-dits qui traversent cette famille, créant une atmosphère à la fois intime et universelle.
Ce drame invite les spectateurs à réfléchir sur les tabous et les libertés, tout en célébrant la beauté des émotions authentiques. Une œuvre à ne pas manquer pour ceux qui cherchent un cinéma engagé et poétique.



