Olivier Berlion : la bande dessinée, un art cinématographique accessible
Originaire de Lyon et installé à Uzès après vingt ans à Rochefort-du-Gard, Olivier Berlion est un auteur de bande dessinée reconnu, primé à de multiples reprises. Il sera présent à la Librairie de la Place aux Herbes le jeudi 5 mars à 18 h 30, aux côtés de Laurent Turpin, pour présenter leur œuvre Le petit maire. Berlion est notamment le seul dessinateur à avoir obtenu les droits d'adaptation d'un roman d'Elmore Leonard, Le kid de l'Oklahoma, publié chez Casterman-Rivages.
Un parcours marqué par la rencontre et l'expérimentation
Olivier Berlion a débuté dans la bande dessinée après une rencontre décisive avec Éric Corbeyran au festival d'Angoulême. Son premier album, Le cadet des Soupetard, est paru en 1993 chez Dargaud. Dans les années 2000, il s'est lancé dans l'écriture avec la série mettant en scène le détective privé Tony Corso. Il a également adapté des romans et des faits divers, mais Le petit maire représente sa première incursion dans le genre documentaire.
Formé au dessin, Berlion considère la bande dessinée comme son moyen d'expression privilégié. "Pour moi, la BD c'est un peu comme faire un film, mais ça coûte moins cher", explique-t-il. Son style évolue en fonction des histoires, bien qu'il reconnaisse que chaque dessinateur conserve une identité graphique propre, avec des "tics" difficiles à perdre. Inspiré par son environnement, il a notamment créé l'histoire Garrigue en s'appuyant sur la route entre Valliguières et Rochefort-du-Gard, qu'il parcourt à vélo, décrivant cette œuvre comme un "western aïoli".
La création de "Le petit maire" : entre humour et bienveillance
Le petit maire est né d'une amitié avec Laurent Turpin, journaliste spécialisé en bande dessinée et maire d'un petit village. L'éditeur Laurent Muller a suggéré que ses anecdotes feraient une bonne BD, et Berlion a saisi l'opportunité pour explorer le documentaire. Leur objectif était d'être drôle mais bienveillant, en se moquant des situations plutôt que des personnes, tout en expliquant les possibilités, contraintes et limites du pouvoir municipal.
Turpin a écrit le récit en chapitres, tandis que Berlion s'est chargé du séquençage, des dessins, de la mise en scène, des dialogues et des gags, travaillant ensemble pour équilibrer texte et images. Des personnages fictifs ont émergé, comme un râleur répétant "je n'ai pas voté pour vous" et un fonctionnaire tatillon symbolisant la loi.
Techniques artistiques et influences
Pour ses œuvres, Berlion privilégie la photographie plutôt que les esquisses, ayant par exemple "mitraillé" pendant quatre jours le village de Turpin pour Le petit maire. Son style favori est l'aquarelle, mais il collabore avec des coloristes comme Christian Favrelle pour des projets tels que les aventures de Tony Corso, où des éléments comme une Jaguar nécessitent un rendu différent. Pour Le petit maire, il a opté pour des tons gris et bleutés, avec des touches des trois couleurs de la République.
Parmi ses influences, Berlion cite Les tuniques bleues comme déclic professionnel, évoquant aussi Baru, Loisel, Larsenet et son admiration pour Sempé. Il regrette la disparition de la bande dessinée dans la presse et l'essor des mangas, notant qu'autrefois, les héros se découvraient dans les journaux.
Cette rencontre avec Olivier Berlion offre un aperçu captivant de l'univers de la bande dessinée, mêlant créativité, technique et réflexion sur l'évolution de ce médium artistique.



