Tanguy Pastureau se dévoile sur scène à Nîmes avec un spectacle personnel
Connu pour ses chroniques sur France Inter, l'humoriste Tanguy Pastureau présente son spectacle "Un monde hostile pour un cœur tendre" vendredi 6 mars à l'Atria de Nîmes. Dans cette nouvelle création, il adopte une approche plus intime et personnelle, loin de son précédire spectacle "Tanguy Pastureau n'est pas célèbre".
De la demi-célébrité au harcèlement en ligne
"Je suis à moitié célèbre", confie l'humoriste avec humour. "Quand je me promène, je ne suis pas harcelé par des groupies en sueur. Mais je suis reconnu pour mon travail et cela me va tout à fait !" Cette reconnaissance n'est cependant pas sans inconvénients. À la suite de plusieurs chroniques, Tanguy Pastureau a subi un harcèlement important sur les réseaux sociaux.
"C'est vraiment quelque chose d'assez commun chez nous, les humoristes", explique-t-il. "Cela paraît logique d'avoir des réactions, mais là, cela a été assez violent. Je me suis un peu retiré puis je me suis demandé d'où venait cette violence." Cette réflexion sur la violence numérique constitue le point de départ de son spectacle.
Un monde d'information permanente et de polarisation
Le titre du spectacle évoque explicitement cette impression d'un "monde hostile" que partagent de nombreuses personnes. "Tout le monde le ressent", affirme Pastureau. "Je n'ai jamais été entouré d'autant de gens qui me disent qu'ils voudraient couper un peu."
L'humoriste pointe du doigt l'overdose d'informations et les notifications incessantes qui caractérisent notre époque : "On est tout le temps confronté à la misère du monde, à ce qui va mal. Je suis assez âgé pour savoir qu'avant, il y avait juste les journaux de 13h et de 20h et que le reste du temps, on vivait normalement."
Cette polarisation de la société constitue paradoxalement une matière première riche pour l'humoriste : "C'est intéressant de voir à quel point la société se polarise, les gens sont en colère. Et je m'inclus là-dedans. On est dans une époque sans nuance."
La sensibilité comme force plutôt que faiblesse
L'affiche du spectacle illustre parfaitement cette dualité : dans une main, un nounours, dans l'autre, une batte de baseball. "J'ai voulu montrer les deux possibilités d'action", explique Tanguy Pastureau. "Soit on choisit de répliquer avec un coup de batte de baseball, soit on repense à la douceur qu'on peut trouver en soi."
L'humoriste revendique ouvertement sa sensibilité : "Je suis assez sensible et je le dis dans le spectacle. Ce n'est pas de la fragilité, c'est juste qu'on ressent les choses de façon plus intense. J'ai eu envie de dire que c'est aussi une force et pas forcément une faiblesse."
Il dénonce la tendance à dénigrer ces valeurs positives : "Je suis contre le fait qu'on dénigre toujours ces valeurs qui sont pour moi positives et apparaissent comme gnangnan parce que l'époque est violente."
Un dévoilement plus intime
Dans ce spectacle, Tanguy Pastureau aborde pour la première fois des épisodes personnels, notamment un harcèlement scolaire vécu au collège : "À l'époque, à la fin des années 80, c'était considéré comme quasiment normal. Dans un établissement, il y avait deux ou trois gamins violents et on faisait avec. Le mot harcèlement n'était même pas utilisé."
Cette évolution témoigne selon lui d'un progrès social : "Je voulais aussi expliquer que l'époque a changé, qu'aujourd'hui, on prend en compte ces phénomènes. Avant quand on en parlait aux adultes, ils se disaient que c'étaient des enfants qui s'amusaient."
Radio versus scène : deux expériences distinctes
Tanguy Pastureau compare ses deux activités principales : "À la radio, je suis avec une bande de copains, on se connaît tous par cœur, on essaie de se faire marrer les uns les autres. On est dans un cocon. Sur scène, vous êtes face au public, sans filtre."
Le spectacle évolue légèrement en fonction des représentations : "Pas trop, car il n'y a pas trop de politique. Les allusions changent. Par contre, il y a beaucoup plus d'interactions car je sais que le public aime ça." Un moment particulier marque chaque représentation : "À la fin du spectacle, je leur demande leurs vœux pour la France si j'étais président de la République. Je fais tourner le micro et le moment est assez magique car il n'y a pas une date comme l'autre."
Informations pratiques : Vendredi 6 mars, 20h30. Auditorium Novotel Atria, boulevard de Prague, Nîmes. Tarif : 36€. Réservations au 04 67 50 39 56.



