Lou Trotignon transforme La Scala en espace immersif trans
Lou Trotignon : une expérience immersive trans à La Scala

Une expérience immersive pour les droits trans

Jusqu'au 19 juin, La Scala, dans le 10e arrondissement de Paris, accueille un projet unique en son genre : le seul en scène de Lou Trotignon, Mérou, accompagné d'une exposition immersive sur l'histoire des mouvements pour les droits des personnes trans. Avant ou après le spectacle, les spectateurs peuvent découvrir des archives et objets retraçant les luttes passées, tandis que des banderoles de manifestation surplombent la salle de 700 places, faisant écho aux messages humoristiques de l'artiste.

Un projet de longue date

Pour Lou Trotignon, jouer à La Scala revêt une signification particulière : « C'est un projet que je voulais faire depuis longtemps. Je ne pensais pas, en tant que personne trans, pouvoir jouer dans cet endroit magnifique, avec cette exposition et du cabaret. » Il se réjouit d'un public mixte, composé de personnes concernées ou non, et se dit « très touché » par l'accueil.

La confiance de La Scala

L'humoriste souligne la rapidité avec laquelle La Scala a accepté le projet : « Ils nous ont fait confiance hyper vite. Ils ne savaient pas trop à quoi s'attendre, mais ils se sont adaptés au maximum. »

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Des archives rares et une exposition collaborative

L'exposition a été créée en partenariat avec le Centre d'archives LGBTQI+ de Paris et d'Île-de-France. Lou Trotignon explique les difficultés rencontrées : « Il n'y a pas beaucoup d'archives trans en France. Beaucoup ont été effacées, brûlées. On a été confronté à la question : où sont nos archives ? » C'est pourquoi l'exposition est collaborative : les visiteurs peuvent ajouter leurs propres archives.

La première partie punk et queer

La première partie, assurée par Maison Furieuse, propose une performance queer à la dimension punk, qui détonne dans le cadre de La Scala. Lou Trotignon insiste sur ce choix : « Je sais que c'est étonnant, mais je ne veux pas que l'on mette de côté notre colère. Le cabaret a une histoire très particulière pour les personnes trans : c'était le premier endroit où l'on pouvait s'habiller librement sans être jugé. »

Un spectacle qui prend tout son sens aujourd'hui

Alors que son spectacle Mérou tourne depuis plusieurs années, Lou Trotignon lui redonne un sens face à la montée des paniques morales et des régressions transphobes : « Avec une transphobie très forte, comment garder le rire, le léger ? Je crois que j'y arrive. Ce spectacle n'aurait pas existé sans l'héritage des luttes trans. »

Un témoignage émouvant

L'humoriste raconte le retour d'un père venu voir le spectacle : « Sa fille transitionne et elle lui a recommandé Mérou. Il est venu un peu fâché, mais il est reparti très ému, disant qu'il comprenait enfin sa fille. C'était très touchant. »

La Pride comme contexte

Jouer en juin, mois des Marches des fiertés, ajoute une dimension politique : « Alors que les droits reculent, la Pride reprend sa connotation première : dire qu'on existe depuis longtemps, qu'on est fiers. » Lou Trotignon envisage même un tour des Pride l'année prochaine, pour parcourir la France avec les Marches des fiertés.

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