La Fourmi rouge à Laàs : la directrice artistique Myriam Delcroix explique les raisons de la liquidation judiciaire
Plusieurs mois après l'arrêt définitif des spectacles du cabaret La Fourmi rouge dans la chapelle de Laàs, la directrice artistique Myriam Delcroix s'est exprimée auprès de Sud Ouest pour revenir sur les circonstances qui ont mené à la fermeture de la structure. Avec le recul, elle considère que le projet était extrêmement difficile à maintenir sur le long terme.
Des difficultés financières et logistiques insurmontables
Nous sommes partis parce qu'après deux ans, l'activité était extrêmement difficile à maintenir avec des investissements de départ importants, explique Myriam Delcroix. La structure fonctionnait sur deux établissements distincts, à savoir la restauration et le cabaret, ce qui a complexifié la gestion quotidienne. Cette situation a finalement conduit à une liquidation judiciaire, avec une dette s'élevant à 90 000 euros.
La salle de spectacle, bien qu'affichée à 149 places, n'en proposait que 99 réellement utilisables en raison d'un étage peu fonctionnel. De plus, la localisation du village de Laàs s'est avérée être un frein majeur pour attirer la clientèle potentielle, notamment à cause des routes étroites et peu engageantes, particulièrement en hiver.
Des facteurs exogènes aggravants
Myriam Delcroix pointe également d'autres éléments qui ont contribué à la cessation d'activité. L'ambiance dans le village et sur les réseaux sociaux n'a pas aidé, souligne-t-elle, ajoutant que la communication n'a pas été suffisamment développée pour soutenir le projet. Elle note que la majorité des cabarets en France sont situés dans la moitié nord du pays, ce qui rend la saison dans le Béarn particulièrement courte et compliquée à optimiser, d'autant plus avec des étés qui se rallongent.
Un lieu inadapté mais prometteur pour d'autres formes de spectacle
Interrogée sur l'adéquation du lieu, la directrice artistique reconnaît que la chapelle de Laàs est un esbeau, mais qu'il n'est pas du tout pratique pour un cabaret. Cette salle est belle, il faut qu'elle vive, même si elle n'est pas du tout pratique, affirme-t-elle, estimant que le matériel est de qualité et qu'elle conviendrait mieux à d'autres types de spectacles.
Malgré la fermeture, la troupe de La Fourmi rouge ne baisse pas les bras. Elle a quitté le Béarn mais poursuit son chemin avec des projets futurs. Le cabaret reprendra du service à Ondres, dans la salle Capranie, le 31 décembre pour un dîner spectacle, puis le 13 février 2027 pour la Saint-Valentin. La troupe continuera également à proposer des spectacles en itinérance pour des dates et lieux choisis.
Nous n'avons aucun regret, nous sommes extrêmement fiers de cette aventure, conclut Myriam Delcroix, qualifiant cette expérience d'enrichissante malgré les difficultés rencontrées.



