CirkVOST installe son chapiteau rouge à Boulazac pour créer « TRAXXx »
Un imposant chapiteau rouge aux coupoles culminant à seize mètres de hauteur domine désormais la plaine de Lamoura, à Boulazac-Isle-Manoire, en Dordogne. Cet édifice spectaculaire, entouré d'un village de caravanes, marque le retour de la compagnie CirkVOST, accueillie en résidence par l'Agora, le pôle national des arts du cirque. La troupe, spécialiste du trapèze volant et héritière des Arts Sauts, s'installe pour une longue période, jusqu'au 16 avril prochain, afin de préparer minutieusement son nouveau spectacle aérien intitulé « TRAXXx ».
Une création monumentale mêlant acrobaties et musique originale
« On continue à s’envoler dans les airs », affirme avec enthousiasme Benoît Belleville, fondateur de CirkVOST et co-metteur en scène du spectacle. « TRAXXx » réunira pas moins de onze acrobates – six garçons et cinq filles – qui évolueront sur une structure monumentale, accompagnés par trois musiciens interprétant une partition spécialement composée pour l'occasion. Benoît Belleville, qui signe la mise en scène avec la dramaturge Hélène Soulié, supervise avec une attention extrême chaque séance de travail.
Contrairement à ses créations précédentes, souvent conçues autour de la scénographie de la voltige, « TRAXXx » naît d'une réflexion profonde. « Nous sommes partis d’un questionnement : comment la voltige laisse-t-elle ses propres traces ? », explique Benoît Belleville. Cette interrogation a guidé le travail artistique, en collaboration avec Hélène Soulié, pour explorer la mémoire du corps et l'héritage gestuel. « Nous ne cherchons pas à graver le passé, mais à l’habiter, à le métamorphoser pour mieux le dépasser », précise-t-elle.
Un spectacle en trois dimensions, du sol jusqu'à treize mètres de haut
La représentation de « TRAXXx » se déroulera de manière frontale, exploitant habilement plusieurs niveaux. L'action prendra place au sol, sur un plateau intermédiaire réservé aux musiciens, et dans les airs, entre neuf et treize mètres de hauteur. Le spectacle débutera par un banquet à l'ambiance grinçante, symbolisant l'ancien monde, avant de s'élever progressivement vers le chaos et la transformation.
Les acrobates s'élanceront alors dans un ballet aérien époustouflant, laissant derrière eux des traces matérielles de leur désir de changement. Ces empreintes seront visuellement incarnées par de la laine, des poudres colorées, des fumées et des jeux de lumière, qui s'estomperont peu à peu mais inviteront le public à imaginer de nouvelles réalités.
Un calendrier chargé jusqu'en 2028, avec un retour attendu à Boulazac
Les répétitions et la mise au point des tableaux s'enchaînent quotidiennement, matin et après-midi, parfois avec le concours de collaborateurs extérieurs prestigieux. Germain Guillemot, ancien membre des Arts Sauts, est responsable de la conception des acrobaties, tandis qu'un artiste de la compagnie Käfig de Mourad Merzouki est attendu début mars pour enrichir le processus créatif.
Le calendrier de « TRAXXx » est déjà bien rempli, avec des représentations programmées jusqu'en 2028. La première aura lieu le 20 octobre prochain au festival Circa, à Auch dans le Gers. Les spectateurs de Boulazac pourront découvrir un avant-goût de cette création lors d'une sortie de résidence organisée sous le chapiteau en avril 2024, avant le grand retour officiel du spectacle en 2028. La compagnie, basée à La Grand-Combe dans le Gard, entretient des liens étroits avec Boulazac, où elle a présenté la majorité de ses créations, de « Épicycle » à « Pigments » en 2023. Aujourd'hui, l'Agora est même coproducteur de « TRAXXx », renforçant cette collaboration artistique fructueuse.



