Azémylia, finaliste de Drag Race France, se confie sans filtre
Azémylia, finaliste de Drag Race France, se confie

Azémylia, finaliste de la quatrième saison de « Drag Race France » sur France Télévisions, a échoué sur le fil face à Lana Cotta lors de la finale diffusée au Grand Rex de Paris le jeudi 27 août. Pourtant, la drag-queen niçoise de cœur ne ressent aucune déception : « Je suis très fier de moi, de mon parcours, de mon numéro pendant la finale (sur Lendemain de fête de Suzane), donc je ne regrette rien », a-t-elle confié à nos confrères de Nice-Matin. Avant de s'envoler pour une tournée hexagonale avec la troupe, « Azé » se raconte sans filtre.

Une expérience vécue comme un rêve et un franc succès

Pour Azémylia, dont le personnage a pris naissance durant ses années niçoises, cette aventure est un franc succès. « Je suis une très bonne drag-queen et je me débrouille très bien en compétition. J'ai adoré l'expérience du tournage télévision et de la compétition en elle-même ; j'en ressors un peu grandi aussi », explique-t-elle. Cette participation répondait à un rêve de longue date : « J'ai toujours voulu faire de la télé. Alors, quand une émission comme Drag Race arrive en France, c'était vraiment comme un rêve. Je pouvais enfin représenter, aux yeux du monde, ma passion et mon talent. »

« Drag Race est vraiment une safe place »

Interrogée sur les propos de Daphné Bürki, membre du jury, qui a estimé que l'émission était un refuge à protéger, Azémylia abonde : « Comme on dit dans la communauté, Drag Race est vraiment une safe place, et il faut en prendre soin, surtout en ce moment. On est une minorité et on peut encore se sentir en danger dans certains environnements. » Elle souligne l'importance de cette visibilité : « Là, on a vraiment l'occasion d'être représentés pendant deux mois à la télévision en plein été, presque en prime time sur le service public. C'est une fierté, c'est un peu notre Coupe du monde à nous. » Elle appelle à éviter « la critique facile ou se diviser sur les réseaux sociaux ».

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Un art de spectacle et un héritage familial

Pour les novices, Azémylia décrit son art comme « avant tout du spectacle. On se transforme un peu en notre super-héros imaginaire, c'est une extension de nous-mêmes avec des attributs, qu'ils soient féminins, masculins, ou même non genrés. C'est comme une cape de super-héros qu'on revêt pour faire le show, pour prendre du plaisir, et pour payer nos factures aussi ». Ses modèles ? « Les sœurs Kardashian et les popstars des années 2000. »

Son envie de drag est née pendant le Covid, alors qu'elle était danseur : « Tout s'est un peu arrêté dans le milieu professionnel. J'ai dû cesser de travailler en tant que danseur et trouver un emploi alimentaire à côté, ce qui m'avait un peu écarté de la scène. » C'est son compagnon qui lui a fait découvrir la franchise américaine sur une plateforme de streaming : « Je me suis dit : "OK, je peux reprendre goût à la scène." Cela mêlait tous les univers que j'aimais : la performance sur scène, la mode, le maquillage. Être drag-queen, c'était être sur le devant de la scène. »

Le nom Azémylia est un hommage familial : « C'était le prénom de mon arrière-arrière-grand-mère. Ma mère a toujours dit : "Si j'ai une fille, un jour, je l'appellerai Azémylia." Fatalité, elle a eu deux garçons. Je me suis donc dit que pour lui faire plaisir, la piquer un peu aussi, et lui rendre hommage, je m'appellerais Azémylia. » Elle ajoute : « J'avais envie d'un nom en un seul mot, quelque chose d'un peu unique qu'on n'avait jamais entendu ailleurs. »

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Un succès qui ouvre les esprits et éduque

Azémylia se réjouit de la popularité de l'émission : « C'est vraiment devenu hyperpopulaire, et tant mieux, parce que cela ouvre les esprits. Les gens découvrent le drag grâce à la franchise, d'autres découvrent la communauté. On fait passer de merveilleux messages. » Elle insiste sur son rôle éducatif : « C'est aussi une plateforme d'éducation sur plein de choses différentes, et c'est pour cela que c'est très important de la conserver. » Elle évoque notamment la santé mentale : « C'est vital, parce qu'on fait partie d'une communauté minoritaire où l'on n'a pas souvent l'occasion de s'exprimer. Je pense qu'on a aussi pas mal de traumas, et c'est important d'en parler pour que les téléspectateurs qui nous regardent se reconnaissent potentiellement en nous, et surtout pour qu'ils se disent qu'ils ne sont pas seuls. On espère être un petit exemple pour ces personnes-là, leur dire qu'elles ne sont pas seules. »