Robert Combas, symbole de la figuration libre et figure emblématique de Sète, est l'invité d'honneur de la 282e édition de la Saint-Louis. À 69 ans, le peintre pense à l'avenir de son travail et à sa transmission aux générations futures, notamment par la création d'un lieu dédié aux artistes et le don d'une collection majeure à la Ville.
Un attachement viscéral à Sète et aux joutes languedociennes
Le choix de Robert Combas comme invité d'honneur de la Saint-Louis n'est pas un hasard, même s'il n'est pas un fervent amateur de joutes. Il n'est jamais monté sur une tintaine et ne maîtrise pas les règles. Pour ce "peintre de bataille", les joutes languedociennes incarnent ce qu'il aime : un mélange de dramaturgie populaire, d'affrontement chevaleresque et de folklore vivant. Il les a peintes pour l'affiche de la 263e édition, en 2005. "On a du mal à voir Sète sans les joutes, déclare le peintre. Mais je ne suis pas un peintre de joutes. Les vrais peintres de joutes, c'est mon frère Topolino et Dédé [André] Cervera qui, eux, connaissent vraiment."
La Saint-Louis reste pour lui la célébration de sa ville, celle où il a grandi, dessiné compulsivement au stylo, puis étudié la peinture. "Je ne suis pas un paysagiste, je ne peins pas Sète. Dans mes tableaux, c'est parfois flou mais il y a l'esprit de Sète, un esprit un peu marginal, décrit le pionnier de la figuration libre. Un artiste n'en est pas un s'il n'est pas marginal."
Un projet de transmission : atelier, résidences et don à la Ville
Depuis une vingtaine d'années, Robert Combas réside et peint sur le mont Saint-Clair. Sur son terrain, il a fait construire son atelier et des bureaux destinés à devenir des lieux de recherche et de résidence pour des artistes. "N'ayant pas eu d'enfants, il faut que je pense et que je crée quelque chose pour les autres", explique le peintre, qui considère Sète comme un véritable vivier artistique. "C'est une transmission au bénéfice de tous et de Sète."
Depuis une dizaine d'années, Geneviève, sa femme et collaboratrice, regroupe, numérise et conserve les archives de son travail. "C'est un inventaire de toute une vie. On ne fait que travailler, mais c'est pour l'œuvre de Robert", décrit celle qui a été sa muse pour certains tableaux. Dans l'idéal, le peintre aimerait donner une "collection majeure" à la Ville, mais cela nécessite d'abord un musée pour les accueillir. "C'est une transmission au bénéfice de tous et de Sète", estime Geneviève Combas.
Des projets foisonnants : exposition au Pont du Gard et fresque monumentale
Dans l'atelier du "plus punk des peintres", les pinceaux ne sèchent pas. Jusqu'au 1er novembre, une quarantaine de tableaux sont exposés au Pont du Gard, avec un spectacle sons et lumières projeté tous les soirs à 22h30 sur le monument. Prochainement, l'artiste signera la fresque de la nouvelle salle Georges Brassens à Sète, une œuvre monumentale d'une centaine de mètres carrés. À l'extérieur, la mythologie sétoise et l'univers marin seront représentés dans un mélange de bleu, violet et orange. Dans le hall, le figuraliste souhaite "un univers de fête dans lequel les enfants peuvent aussi se projeter", rendant hommage à la culture de la ville, de Brassens chevauchant un dieu cornu à Aldo Biascamano.
Pour cette œuvre d'envergure, Robert Combas a choisi la céramique. "C'est ce qui tient le mieux dans le temps. Techniquement, ça ne bouge pas par rapport à la peinture." Ce matériau, réputé pour traverser les âges, devient l'allégorie de son parcours. Peintre depuis ses 9 ans, âge auquel il a pris ses premiers cours aux Beaux-Arts, Robert Combas souhaite ancrer son travail dans la postérité.



