Une pétition contre la censure politique à Vauvert
La suppression de l'exposition du photographe Sylvain Brino par la municipalité Rassemblement National de Vauvert continue de susciter de vives réactions dans le milieu culturel. À l'initiative de la maison d'édition Au diable Vauvert, une pétition a été lancée pour dénoncer ce qu'elle qualifie d'acte de censure politique inacceptable.
L'exposition "Chroniques vauverdoises" interdite
Le maire de Vauvert, Nicolas Meizonnet, élu membre du RN, a interdit l'exposition "Chroniques vauverdoises" qui devait se tenir en mai dans le calendrier culturel de la ville. Cette exposition présentait quinze années de photographies prises sur le vif de la vie de la cité, programmée de longue date selon les organisateurs.
Le motif invoqué par la municipalité serait l'appartenance politique présumée de l'artiste. Sylvain Brino, ancien professeur aux beaux-arts, plasticien passionné d'histoire de l'art et d'architecture, serait selon la mairie "un homme de gauche et membre de la France Insoumise".
La pétition dénonce une atteinte aux libertés
La pétition lancée par la maison d'édition Au diable Vauvert affirme avec force : "Juger de la valeur d'une œuvre de culture aux opinions politiques de son auteur n'est pas acceptable. Faire acte de censure sur des motifs politiques n'est pas acceptable. Transformer une opinion différente de la sienne en délit n'est pas acceptable. La liberté de penser et de créer ne se négocie pas."
Parmi les premiers signataires figurent des personnalités du monde culturel : l'éditrice Marion Mazauric, fondatrice de la maison d'édition Au diable Vauvert, le comédien Philippe Béranger, l'éditeur Bruno Doan, le musicien Denis Galvier, le directeur de la Comédie du livre Régis Penalva, le dessinateur Eddie Pons, l'auteur Paul B. Preciado, le journaliste Claude Sérillon, ainsi que plusieurs élus et auteurs de la maison d'édition vauverdoise.
Réactions politiques et culturelles
Patrick Malavieille, vice-président du conseil départemental du Gard en charge de la Culture, s'insurge contre cette décision : "Cette censure est scandaleuse et inacceptable. Cela en dit long sur la politique culturelle que pourraient porter les amis du Maire de Vauvert, s'ils avaient en charge celle du Conseil départemental du Gard. Artistes d'un jour ou de toujours, prenez garde, prenons garde !"
Jean-Paul Boré, président gardois des Amis de la Fondation pour la mémoire de la déportation, ajoute : "On sait où ça commence ! Que diraient ces faux démocrates, si la gauche nîmoise retirait le contrat des arènes à Simon Casas, pour avoir clairement appelé à voter pour le parti de ce maire, sur la base d'une outrance envers les déportés. Mais elle est plus intelligente et surtout démocrate, mot qui semble être étranger à la culture du nouvel édile."
Un précédent inquiétant selon les signataires
Les initiateurs de la pétition craignent que cette décision ne constitue un précédent dangereux pour la liberté d'expression artistique dans la région. Ils soulignent que l'exposition avait été programmée depuis longtemps et qu'elle représentait un travail documentaire important sur la vie de la cité de Vauvert.
La maison d'édition Au diable Vauvert, basée dans la commune, joue un rôle culturel important dans la région depuis vingt-cinq ans. Cette affaire intervient dans un contexte de montée du Rassemblement National dans le Gard, où Nicolas Meizonnet a été élu maire de Vauvert dès le premier tour des municipales de 2026.
La pétition continue de recueillir des signatures tandis que le débat sur la liberté artistique et la censure politique s'intensifie dans le département du Gard et au-delà.



