L'exposition Paradis perdu, présentée à La Cure d'Aumessas (Gard) jusqu'au 1er septembre, met en lumière les fractures sociales et environnementales de l'Amérique contemporaine à travers deux séries documentaires. Organisée par l'équipe d'ImageSingulières en Cévennes, elle fait suite au succès de l'exposition Trois regards sur les États-Unis d'Amérique de 1900 à 1945, consacrée à Edward Sheriff Curtis, Dorothea Lange et Ansel Adams.
Un fleuve en crise : le travail de John Trotter
Dans le premier espace, le public découvre No Aaua, no vida, une œuvre du photographe John Trotter. Pendant dix-sept ans, il a documenté les conséquences de la crise écologique qui affecte le fleuve Colorado, aujourd'hui en partie asséché. Son travail propose un voyage dans le temps et dans l'espace, des sources du fleuve au cœur des montagnes Rocheuses jusqu'à son delta moribond.
À travers ses photographies, John Trotter témoigne de l'impact considérable des activités humaines sur le fleuve, mais aussi sur les populations autochtones qui en dépendent. Un sujet particulièrement évocateur au cœur d'un été marqué par des épisodes de chaleur extrême et des conséquences environnementales de plus en plus visibles.
Les oubliés de Rockaway Park : le regard de Juliana Beasley
Le second espace est consacré à la photographe Juliana Beasley et à sa série Last stop Rockaway park. Elle y porte son regard sur une communauté blanche pauvre et largement oubliée de ce quartier excentré du Queens, à New York. Une réalité sociale rarement montrée, faite de précarité, d'isolement et de conditions de vie particulièrement difficiles.
Pendant près de dix ans, Juliana Beasley a partagé le quotidien de ces habitants, dont certains sont confrontés à des troubles psychologiques ou à une grande fragilité sociale. Son approche, à la fois empathique et respectueuse, lui a permis de tisser des liens durables avec les personnes rencontrées. De ces portraits intimistes se dégage une humanité à la fois saisissante et profondément émouvante.
Un miroir pour nos renoncements
À travers l'exposition Paradis perdu, Valérie Laquittant, membre du conseil d'administration d'ImageSingulières, invite les visiteurs à regarder en face, comme autant de miroirs, les conséquences de nos renoncements et de problèmes trop longtemps laissés sans réponse. Malgré la rudesse des réalités abordées, cette initiative culturelle au cœur des Cévennes gardoises rencontre un réel succès auprès d'un public sensible aux enjeux environnementaux et sociaux contemporains.
La Cure d'Aumessas est ouverte du vendredi au mardi, de 15 heures à 19 heures, jusqu'au mardi 1er septembre. Fermeture les mercredis et jeudis. Entrée libre et gratuite.



