Le documentaire inédit « Matisse, la maison de l’homme du Nord » sera diffusé ce dimanche 2 août à 22h45 sur France 5. Signé François Chayé, ce court format de 25 minutes invite à découvrir les années de formation du peintre Henri Matisse, de sa maison natale de Bohain-en-Vermandois à ses débuts parisiens sous la houlette de Gustave Moreau.
Le film lève un voile sur un pan méconnu de la biographie du maître de l’art moderne. Si Matisse (1869-1954) est devenu l’un des plus grands coloristes du XXe siècle, son enfance ne le destinait pourtant pas à la peinture. Enfant, il n’a pratiquement jamais tenu un crayon ou un pinceau, préférant jouer avec son frère dans la graineterie paternelle, au rez-de-chaussée de la maison familiale. Cette boutique, située à Bohain-en-Vermandois, dans l’Aisne, est aujourd’hui visitable, offrant aux amateurs d’art une plongée dans l’univers du jeune Henri.
Une enfance baignée dans l’univers du textile
Bohain-en-Vermandois est au cœur d’une région qui fut le berceau de l’industrie textile. Depuis le XIXe siècle, ateliers et manufactures y tissent des étoffes de grande qualité, exportées dans toute l’Europe. Les plus belles pièces sont destinées à la haute couture parisienne et aux soieries lyonnaises. C’est dans ce contexte que le jeune Matisse développe un œil unique. Ses camarades sont pour la plupart enfants de tisserands, et il observe chaque jour les motifs prendre forme dans les fils.
Cet environnement a joué un rôle déterminant dans la formation de son regard, comme le souligne Dominique Szymusiak, ancienne conservatrice du Musée Matisse du Cateau-Cambrésis : « C’est la base de sa connaissance des couleurs. Il avait un amour pour la matière et savait très bien faire la différence entre un taffetas et une soie. »
La boîte de peinture de la mère
À 20 ans, Henri Matisse suit la voie toute tracée par son père et devient clerc de notaire à Saint-Quentin. Mais une crise d’appendicite le contraint à l’alitement. C’est alors que sa mère, droguiste de profession et amatrice de céramique décorée, lui offre une boîte de peinture. Le déclic est immédiat. Une fois rétabli, le jeune homme se met à croquer et à peindre avec frénésie tout ce qui l’entoure : natures mortes aux couleurs éclatantes, scènes d’ateliers de tisserands. Il s’inscrit aux cours du soir de l’école Maurice-Quentin-de-la-Tour.
Poussé par sa mère, il tente ensuite l’École des Beaux-Arts à Paris, où il reçoit l’enseignement singulier de Gustave Moreau. Le peintre symboliste, connu pour son ouverture d’esprit, perçoit très vite le potentiel de son élève et lui prédit : « Vous allez révolutionner la peinture… » Un augure qui se vérifiera amplement.
Un format court et intime
Ce documentaire de 25 minutes s’inscrit dans la collection « Une maison, un artiste ». Il offre un éclairage personnel sur les racines de l’inspiration de Matisse, en reliant son enfance picarde à sa carrière parisienne. Les téléspectateurs pourront le voir ce dimanche soir sur France 5, mais aussi le retrouver en replay sur france.tv. Une occasion de comprendre comment l’exposition quotidienne aux matières textiles et aux couleurs a façonné l’un des géants de l’art moderne.



