L'avenir incertain de la Contemporaine de Nîmes : la deuxième édition menacée
La Contemporaine de Nîmes en péril : l'avenir de la triennale d'art

L'incertitude plane sur la deuxième édition de la Contemporaine de Nîmes

La question cruciale se pose dans le paysage culturel nîmois : y aura-t-il une deuxième édition de la Contemporaine de Nîmes ? Cette triennale d'art contemporain, lancée avec faste en 2024, voit aujourd'hui son avenir sérieusement compromis. L'installation emblématique "Water Lines" de Tadashi Kawamata et Feda Wardak, présentée dans les jardins de la Fontaine, avait marqué les esprits lors de la première édition, mais pourrait bien rester un souvenir sans suite.

Un contrat contraignant mais un silence inquiétant

Le retour de Daniel-Jean Valade au poste d'adjoint à la Culture de Nîmes a radicalement changé la donne. L'élu n'a jamais caché son hostilité au projet porté par sa prédécesseure, Sophie Roulle. Pourtant, la situation n'est pas simple juridiquement : le contrat liant la ville de Nîmes à la structure Artagon d'Anna Labouze et Keimis Henni couvre explicitement deux éditions, celle de 2024 déjà réalisée et celle prévue pour 2027.

Dès sa nomination, Daniel-Jean Valade a annoncé vouloir rencontrer les directeurs artistiques en précisant : "Je demande une étude juridique des contrats." Depuis cette déclaration, c'est le silence radio complet. La renégociation des contrats a-t-elle commencé ? Aucune confirmation officielle n'est venue éclairer cette question cruciale. Une telle démarche impliquerait nécessairement une indemnisation des directeurs artistiques, à la fois pour la rupture contractuelle et pour le travail de préparation déjà accompli.

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L'effacement progressif de l'événement

Dans les coulisses de la mairie et des institutions culturelles nîmoises, un constat s'impose : personne ne travaille actuellement sur la prochaine édition qui devait avoir pour thème central l'eau. L'événement semble être devenu le "dont on ne doit pas dire le nom" du paysage culturel local, purement et simplement effacé de toute communication officielle.

Ce phénomène d'effacement s'est manifesté à plusieurs reprises : lors de la récente présentation de Dimitri Chamblas comme nouvel artiste associé au théâtre de Nîmes, sa performance à l'école de la Placette durant la triennale a été soigneusement omise. De même, l'été dernier, lors des expositions de Nefeli Papadimouli, aucun lien n'a été établi avec la Contemporaine de Nîmes, et les commissaires ont été tenus à l'écart, alors qu'il s'agissait pourtant d'un événement intermédiaire de la triennale.

Les implications politiques décisives

L'avenir de la Contemporaine de Nîmes dépendra largement des résultats des prochaines élections municipales :

  • Si Franck Proust est élu, personne ne doute que l'événement sera enterré, tant Daniel-Jean Valade qui le soutient s'y est montré hostile
  • Dans l'équipe de Julien Plantier et Sophie Roulle, l'ancienne adjointe à la Culture qui a porté la Contemporaine, la prolongation sera naturellement au programme
  • La centriste Valérie Rouverand a également manifesté son intérêt pour l'événement
  • Du côté de la gauche, Vincent Bouget a trouvé "l'événement intéressant" mais s'interroge sur la capacité financière de la Ville à le porter, tout en gardant l'ambition "de la qualité et de la participation citoyenne"

Un calendrier déjà trop serré

En l'absence de décision officielle, la pause opérée au service de la culture rend l'organisation de la prochaine Contemporaine de Nîmes en 2027 extrêmement délicate, quels que soient les résultats des municipales. Le calendrier était déjà serré pour la première édition, il deviendrait impossible pour la deuxième, même si la machine était relancée au printemps prochain.

Il faut rappeler cette évidence : par définition, une triennale se prépare sur trois ans, et non sur une seule année. La présentation du Rapport d'orientation budgétaire le 15 novembre prochain devrait permettre d'y voir plus clair, mais le temps presse dangereusement pour maintenir l'événement dans le paysage culturel nîmois.

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Les directeurs artistiques contactés par Midi Libre n'ont pas donné suite aux demandes d'interview, ajoutant au mystère qui entoure l'avenir de cette manifestation culturelle. Daniel-Jean Valade indique qu'une décision sera annoncée prochainement, mais chaque jour qui passe rend un peu plus improbable la tenue d'une deuxième édition de la Contemporaine de Nîmes en 2027.