Dove Allouche dévoile CHNOPS dans la galerie Peter Freeman à Paris
La nouvelle galerie Peter Freeman, située au commencement de la rue Montpensier qui longe le Palais Royal à Paris, accueille les dernières œuvres de Dove Allouche. L'exposition, intitulée CHNOPS, plonge le visiteur dans un univers où l'art minimal et conceptuel dialogue avec la rigueur scientifique. Le titre énigmatique de l'exposition trouve son explication dans le travail spectroscopique de l'artiste, révélant progressivement sa signification au fil de la découverte.
Un artiste confidentiel au sommet de l'art conceptuel
Dove Allouche demeure une figure confidentielle du monde de l'art contemporain. Cette discrétion semble intrinsèque à sa démarche créative, qui évite tout pathos pour privilégier un chemin direct vers l'intellect. Depuis sa découverte, l'artiste navigue entre les sommets d'un art minimal, conceptuel, tout en cultivant une esthétique élégante et raffinée. Chacune de ses séries provoque une émotion particulière, comparable à celle ressentie devant la beauté des sciences.
Ses œuvres semblent ouvrir une porte sur les mathématiques, la géométrie, la chimie et la physique, créant un langage visuel dépourvu d'affect. Les vastes baies vitrées de la galerie Peter Freeman offrent un cadre idéal pour cette exposition. Les passants peuvent apercevoir neuf objets visuels encadrés comme des tableaux, accrochés face à la rue. Ces œuvres représentent la comète Halley, offrant aux regards distraits ou attentifs une expérience unique : tu vois, tu ne vois pas.
La comète Halley et l'art de l'invisible
Dove Allouche n'a pas capturé la comète Halley avec un appareil photographique traditionnel. Il a créé ces images à partir de captures réalisées lors de son passage près de la Terre en 1910, en sélectionnant délibérément les clichés considérés comme ratés. L'artiste refuse toute hiérarchie entre ces images, suggérant que la représentation en elle-même n'a que peu d'intérêt. Ce qui compte, c'est le processus créatif qui a conduit à ces neuf visions différentes de la comète, définissant ainsi une approche ontologique de l'art.
Cette démarche rappelle son expérience dans la grotte Chauvet, où l'interdiction de prendre des images ne l'a pas arrêté. Il a plutôt collecté des morceaux de calcite pour en faire une œuvre unique, alliant rigueur scientifique et esthétique émouvante. Depuis près de trente ans, son travail navigue d'un infini à l'autre, comme il le dit avec humour : C'est la chambre noire en folie.
CHNOPS : les éléments du vivant révélés
L'exposition CHNOPS tire son titre d'un acronyme représentant les six éléments fondamentaux du vivant : carbone, hydrogène, nitrogène (azote), oxygène, phosphore et soufre. Dans une longue vitrine couchée, Dove Allouche présente six images réalisées par spectroscopie, issues d'un projet plus vaste portant sur les cent éléments du tableau périodique de Dmitri Mendeleïev. Cette exploration de l'invisible constitue le domaine de prédilection de l'artiste, source de jubilation créative.
Un récit subtil relie la comète Halley à ces images des éléments du vivant. Selon une légende scientifique, la comète aurait largué des fragments de glace lors de son passage près de la Terre, semant ainsi les germes de la vie. Cette narration, simple et poétique, ajoute une dimension supplémentaire à l'exposition, transformant la visite en une quête intellectuelle et sensorielle.
Avant le début de cette exposition, une autre présentation se terminait au Silo des Billarant, dont une sélection est visible rue Montpensier. Dove Allouche continue ainsi d'explorer les frontières entre art et science, offrant au public une expérience unique où le visible et l'invisible se rencontrent dans une harmonie minimaliste et conceptuelle.



