Six-Fours : quand l'art redonne vie à la mémoire des hippocampes
Depuis le 24 mars, la Maison du patrimoine de Six-Fours-les-Plages accueille en résidence l'artiste plasticien Baptiste César, dans le cadre de sa programmation culturelle annuelle. Jusqu'au 22 avril, cet artiste parisien investit le territoire avec une démarche singulière, à la croisée de l'art contemporain et de l'écologie engagée.
L'hippocampe, emblème d'un écosystème fragile
Initialement attiré par le paysage maritime du Brusc, Baptiste César a rapidement orienté son travail vers une figure emblématique locale : l'hippocampe. « Dans mes résidences, je cherche toujours à créer un lien organique avec le territoire, avec ce qui le compose profondément », explique l'artiste.
En approfondissant ses recherches, il découvre les travaux de l'Institut océanographique Paul-Ricard sur la préservation du milieu marin et apprend un épisode marquant de l'histoire de la lagune : l'apport massif de sable qui a modifié l'équilibre de cet écosystème fragile. Cette transformation a contribué à la raréfaction des hippocampes dans la zone, un phénomène que l'artiste qualifie de « fossilisation contemporaine ».
La tempête comme matière première artistique
La résidence s'inscrit également dans une temporalité immédiate. Présent lors d'un récent épisode de vent violent, Baptiste César a récupéré des branches d'arbres tombées sous la force de la tempête. « J'aime travailler avec ce que le lieu me donne spontanément, avec ce qui est déjà présent naturellement », précise-t-il.
Ces éléments deviennent matière première artistique : associés à du sable, ils sont transformés pour recréer des mouvements et figer des formes, dans une tentative de cristallisation du végétal. Dans cette même logique de récupération écologique, l'artiste travaille également à partir de troncs de sapins de Noël collectés par la municipalité.
Une installation en dialogue avec le paysage
L'œuvre actuellement en création prendra place dans les jardins de la Maison du patrimoine. L'installation, encore en réflexion quant à sa forme définitive, pourrait intégrer des éléments inattendus comme des câbles électriques arrachés lors des intempéries. « Même ces éléments techniques racontent quelque chose d'essentiel sur le paysage et sur ce qu'il a traversé historiquement », souligne Baptiste César.
Dans ses dessins, l'hippocampe devient une forme hybride et minutieuse, où la faune et la flore s'entrelacent symboliquement, évoquant à la fois la mémoire, la disparition et le possible renouveau écologique.
Ateliers de sensibilisation à la biodiversité
Dans le cadre de sa résidence, Baptiste César proposera un atelier ouvert au public le samedi 11 avril de 14h30 à 17h30, autour de la figure de l'oursin. Intitulé « Dessiner le vivant », cet atelier limité à dix participants invitera à expérimenter le dessin à partir de branches de sapin recyclées, tout en portant un regard attentif sur la biodiversité marine.
Par ailleurs, l'artiste ouvrira les portes de son atelier au public le dimanche 19 avril, de 14h30 à 17h30, pour présenter l'ensemble de son travail et les recherches menées durant sa résidence. Une occasion unique de découvrir comment l'art contemporain peut servir de vecteur de sensibilisation écologique.



