Écrire ses mémoires répond le plus souvent à un désir de transmission : raconter son histoire à ses enfants, petits-enfants et amis, partager les souvenirs joyeux comme les moments douloureux surmontés, et parfois faire des révélations. Se lancer seul dans cette rédaction relève souvent d'un défi. Trois voies s'offrent à ceux qui souhaitent s'y atteler : faire appel à un biographe professionnel, rejoindre un atelier d'écriture ou écrire en autodidacte. Trois témoignages illustrent ces démarches.
L'accompagnement d'un biographe professionnel
Maïlys Boullet, biographe professionnelle, se déplace à domicile pour établir une relation de confiance. Elle enregistre les entretiens sur plusieurs mois, aide à garder le fil de la chronologie, retranscrit les propos, puis rédige une première version que la personne peut amender, jusqu'à la remise d'un livre finalisé.
Elle observe des différences marquées selon les genres : « Le plus souvent, les femmes retracent leur parcours familial, les hommes leur carrière. » Elle a aussi accompagné des personnes ayant vécu un épisode traumatique : perte d'un enfant, victimes de violences conjugales ou d'inceste. « Dans tous les cas, c'est très prenant humainement, car les personnes me livrent leur vie. Lors de la relecture, elles suppriment parfois des mots durs ou des phrases pour préserver la famille », précise-t-elle.
Certains récits prennent une forme polyphonique, comme ceux rassemblant plusieurs témoignages d'une famille du Mourillon ou d'habitants d'un village tel que Tourtour. Les tarifs sont d'environ 1 500 euros. Contact : www.jolis-mots-et-compagnie.com ; 07.83.82.66.35.
L'atelier d'écriture des Petits Frères des Pauvres
Marie-France Kraiser, bénévole aux Petits Frères des Pauvres, anime un atelier d'écriture destiné aux personnes accompagnées par l'association. L'objectif : les inciter à témoigner de leur vécu. « Même si leur parcours de vie est le plus souvent chaotique, elles ont à cœur de raconter les bons et mauvais moments », explique-t-elle.
À la fin de l'atelier, chaque participant lit à haute voix son texte devant les autres, ce qui permet de rectifier ou de modifier certains propos. Marie-France Kraiser met ensuite en forme les manuscrits, avec pour finalité d'imprimer un livret-souvenir.
Cet atelier a permis à Michel, qui avait souvent eu l'idée de raconter sa vie semée d'embûches, de se livrer ouvertement, ce qu'il n'arrivait pas à faire chez lui. De même, Marie, Réunionnaise enlevée pour être envoyée en métropole, a peu à peu réussi à mettre des mots sur ce traumatisme.
L'écriture en autodidacte et la publication
Marie-Thérèse Testud, sous le nom de plume Magdala, a écrit elle-même Fragments de vie, un recueil de nouvelles mêlant l'intimité d'histoires familiales, réelles ou romancées, à des faits de société qui l'ont touchée. « Je ne souhaitais pas écrire mon histoire mais plutôt une mosaïque de textes justifiés par des événements », précise-t-elle.
Elle cite en exemple la découverte d'un « dossier rouge » révélant un fait historique douloureux et injuste concernant son grand-père, ainsi que d'autres secrets dévoilés lors d'un travail sur son arbre généalogique, avec leurs répercussions sur la famille. Pour partager ces émotions de vie et échanger avec ses lecteurs, elle a décidé de publier ses écrits sous forme de livre aux Presses du Midi.
Ces trois parcours montrent que l'écriture de mémoires peut être menée de manière accompagnée ou solitaire, avec des objectifs et des formats variés, mais toujours dans le but de laisser une trace à sa descendance.



