Les premiers artistes de la rue de Tunis à Sète
La rue de Tunis à Sète est devenue au fil des ans une véritable galerie d'art à ciel ouvert. Parmi les premiers à avoir posé leurs pinceaux sur ses murs, on retrouve Agnès Baylaÿ Monttelet, une habitante du quartier, et Dépose, artiste sétois bien connu. Leurs œuvres, réalisées dès 2013, ont contribué à faire de cette rue un lieu incontournable du street art.
Agnès, une peintre de proximité
Agnès Baylaÿ Monttelet fait partie des pionnières de la rue de Tunis. Septuagénaire, elle peint avec un petit pinceau et sans prétention. Sa première réalisation a été la façade du Petit Lieu, qu'elle retravaille régulièrement car la peinture acrylique perd de son éclat avec le temps. Elle consacre aussi son temps à restaurer les murs dont le crépi s'effrite et à ajouter des touches de couleur. Installée rue Fondère depuis 2017, elle participe avec son mari aux événements organisés par Pascal et Josy. Après la façade du Petit Lieu, elle a peint des portraits de Brassens, des bacs de plantes, des pierres, et dernièrement une porte en face de son appartement. « Personne n'osait la toucher car il y avait une œuvre, mais elle avait mal vieilli, alors je me suis autorisée à raconter une histoire », explique-t-elle.
Dépose, artiste de rue sétois
Dépose, bien connu des Sétois, se souvient de sa première œuvre rue de Tunis : une grosse fleur en bulle, peinte en 2013. Il a ensuite réalisé de nombreuses autres œuvres, comme des fleurs et des oiseaux. Pour lui, cette rue est « comme une petite principauté dans Sète ». Il salue l'initiative de Pascal et Josy qui ont donné une opportunité d'expression à des artistes débutants comme à des plasticiens. « C'est un endroit où toutes les formes du street art sont représentées, chacun vient avec son identité graphique », ajoute-t-il. Bien qu'il n'ait pas prévu de revenir prochainement, il ne dit pas non à un futur projet.
Des souvenirs marquants
Agnès accompagnait souvent Josy en musique lors de ses performances. Elle se rappelle avec émotion l'inauguration de l'œuvre de Naoui à l'entrée de la rue, pendant la pandémie de Covid-19. « Beaucoup de gens ont participé, et à la fin on aurait dit qu'ils embarquaient tous dans le bateau. C'était magique », confie-t-elle. Le pari de Pascal et Josy est réussi : Agnès se sent chez elle dans cette rue qui, selon elle, « reflète la réalité du monde actuel tout en étant une rue imaginaire ».



