L'art, un remède aux écrans et à l'isolement pour les adolescents ?
2 500 lycéens se sont réunis sur les hauteurs de Bordeaux les 20 et 21 mai pour une démonstration de créativité. La ville de Cenon les a accueillis dans l'enceinte du Rocher de Palmer. L'événement a de quoi frustrer les parents : ils ne découvriront pas l'étonnant et consistant travail créatif de leurs progénitures. Le public du Rocher de Palmer non plus. Accueilli en ce lieu, à Cenon sur les hauteurs de Bordeaux, le Nouveau Festival se déroule avec pour seuls spectateurs les lycéens de la région Nouvelle-Aquitaine qui en sont aussi les artistes.
Un festival dédié à la créativité des jeunes
Lors de cet événement, du 20 au 21 mai, 2 500 adolescents de 124 établissements (lycées généraux, professionnels et apprentis) déambulent à travers 25 projets d'arts plastiques, profitent de 59 réalisations musicales, regardent cinq défilés de mode, découvrent 15 projets d'écriture et assistent à un grand tournoi d'improvisation. Entre autres. Danse, atelier de sérigraphie, exposition de photos, déclamation de poésies, création vestimentaire, concerts pop-punk… La créativité des lycéens a été protéiforme et débridée.
Un travail d'année mis en scène professionnellement
« C'est le travail d'une année et cela permet un égal accès à la culture, commente Benoit Pair, coordinateur artistique du Fonds régional d'art contemporain (Frac) de Nouvelle-Aquitaine. L'objectif ici est de mettre en scène de manière professionnelle le travail des élèves de la région. Ils sont aidés par les techniciens du Rocher de Palmer. » L'artiste Olivier Coucke a chapeauté des projets audiovisuels avec les élèves. Il montre un mapping sur le thème « du temps qui passe » dans une salle obscure et une vingtaine d'écrans animés de vidéos de substances chimiques tournées par des lycéens.
Une vitrine extraordinaire pour les jeunes
Alain Rousset, le président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, découvre les expositions. Un élève du lycée Jean-Baptiste-de-Baudre à Agen lui explique son installation informatique : « C'est pour montrer que n'importe quelle identité numérique peut être transformée par n'importe qui. » L'élu est dubitatif mais se réjouit : « On a là une vitrine de la création extraordinaire des jeunes. L'un d'eux m'a dit qu'il était sorti de la solitude en s'investissant dans son projet ! »
Financé par le Conseil régional, ce festival, créé avec les académies de Limoges, Bordeaux et Poitier, n'est plus vraiment « Nouveau ». Mais il reste jeune : sa vitalité a engendré 2 241 projets depuis 2017.



