Tomas Cerqueira : l'école taurine de Béziers, son « bébé »
Tomas Cerqueira : l'école taurine, son « bébé »

Tomas Cerqueira, deuxième matador de l'histoire biterroise, âgé de 37 ans, a réussi sa reconversion comme apoderado, organisateur de Feria et directeur de l'école taurine. Il organise la Feria internationale de Boujan-sur-Libron les samedi 29 et dimanche 30 août, et son torero Christian Parejo fera son 6e paseo à Madrid ce jeudi 27 août. Dans un entretien, il dresse le bilan de sa saison et évoque ses projets.

Une reconversion naturelle après la blessure

Après sa très grave blessure à Mauguio en 2017, Tomas Cerqueira n'a jamais imaginé quitter le monde taurin. « Je ne sais pas vivre sans les toros depuis mon entrée à l'école taurine de Béziers à l'âge de quatre ans », confie-t-il. Dès la fin de sa carrière, il entraîne des jeunes comme Clemente Jaume. Fin 2018, Carlos Ruiz lui propose d'apodérer un jeune becerrista, Christian Parejo. La même semaine, Didier Bresson lui offre d'intégrer l'école taurine qu'il préside.

Depuis huit ans, l'évolution est « très positive » avec Christian, devenu matador de toros, et l'école taurine, qui affiche les meilleurs résultats en France.

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Organisateur : une revendication d'artiste

Tomas Cerqueira est aussi organisateur. Avant sa blessure, les opportunités en France étaient déjà rares. Béziers ne l'ayant pas mis au cartel en 2014, il décide d'organiser une corrida où il combat quatre toros à Boujan. « C'était une revendication d'artiste plus que le lancement d'une carrière d'impresario », précise-t-il. Il monte ensuite une corrida goyesque avec Cayetano Ortiz, puis une troisième avec Mehdi Savalli.

« Empresa n'est pas ma casquette préférée car je préfère toréer ou enseigner. Mais on en retire une vraie satisfaction quand la corrida est réussie et qu'on crée du bonheur chez les aficionados », ajoute-t-il. En 2025, le solo de Parejo a fait le plein, une première à Boujan. « Je suis très heureux d'avoir réalisé ce premier no hay billetes car Boujan me tient beaucoup à cœur. Je suis le premier à y avoir organisé une corrida, cela restera gravé dans l'histoire de cette plaza », se réjouit-il.

Une programmation internationale pour la Feria

Cette année, la programmation se muscle avec une corrida Charra samedi 29 août et le Gala Christian Coll le lendemain. Ce festival, qui se déroulait à Béziers, s'est retrouvé hors Feria off quand elle a pris de l'ampleur. « Christian Coll était mon ami : par respect pour sa mémoire et son travail, on a refusé que ce rendez-vous meure, en accord avec Frédéric Blanc, président d'El Mundillo », explique Tomas Cerqueira.

Le samedi, une becerrada opposera le Biterrois Pablo Perez au Mexicain Santi, suivie d'un mano a mano entre Christian Parejo et El Payo, le meilleur torero mexicain actuel. Dimanche, pour le festival, Parejo sera accompagné d'El Rafi, du Portugais Manuel Dias Gomes et de Michelito, le plus jeune matador de l'histoire. « Un cartel international où chacun a un lien avec la France », souligne l'organisateur.

Une école taurine prometteuse

Le bilan de l'école taurine est très positif : « Je suis très content des deux dernières temporadas où nous gagnons beaucoup de concours, avec Clovis en 2025, puis Esteban Navarro et Bautista Angosto cette année. Au-delà des résultats numériques, je suis heureux de leur évolution artistique », dit-il. Des jeunes comme Pablo, Hugo et Gabriel, âgés de 12 à 15 ans, représentent l'avenir de l'école et de la tauromachie.

Comme apoderado, Tomas Cerqueira gère la carrière de Parejo et de Clovis. « Je m'accomplis plus comme directeur artistique que purement comme apoderado. Accompagner un torero comme Parejo ou un novillero comme Clovis (avec Thomas Dufau) me passionne. On retrouve les sensations du torero : le stress, le doute », confie-t-il. Le bilan de la première saison en piquée de Clovis est excellent, avec des triomphes à Nîmes, Béziers et Mont-de-Marsan. L'an prochain, il aura les armes pour intégrer les plus grandes ferias espagnoles.

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Madrid, un tournant pour Parejo

Ce jeudi 27 août, Christian Parejo fera le paseo à Las Ventas, la plus grande arène du monde. « Cette aventure semblait impossible. On est partis sans contrat, sans arène, sans argent. Avec rien, on est arrivés dans toutes les grandes ferias françaises, à Pampelune, à la Copa Chenel. Et ce jeudi, Christian fera son 6e paseo », raconte Tomas Cerqueira. Il compare cette opportunité à un joueur U11 qui se retrouverait en Ligue 1 pour disputer la Coupe du Monde : la San Isidro.

Ouvrir la grande porte de Madrid changerait radicalement la carrière de Parejo, lui permettant de toréer 20 ou 30 corridas l'an prochain. « Mais l'essentiel est aussi de marquer les esprits. L'aficion de Las Ventas l'a toujours soutenu lors de ses paseos et il a coupé des oreilles de novillero », rappelle l'apoderado. Une prestation marquante peut permettre de revenir, comme l'ont fait Cesar Rincon, Paco Ureña ou Juan Ortega.

Pour l'avenir, Tomas Cerqueira voit les choses en grand : « Dans ma tête, il n'y a que Madrid avec Christian et Nîmes avec Clovis. Mes casquettes actuelles sont mes piliers : l'école taurine est mon bébé où j'aime transmettre ce qu'on m'a appris, Christian est une grande histoire et Clovis une vraie révélation. On aura tout l'automne pour réfléchir et continuer à grandir dans cette profession. »