Le Printemps des Comédiens fait son retour à Montpellier pour une 40e édition qui s'annonce riche en découvertes. Après une période de réduction, le festival retrouve son format traditionnel avec une vingtaine de spectacles venus des quatre coins du monde, du 29 mai au 21 juin au Domaine d’O et dans d'autres lieux de la ville. Parmi les temps forts, le premier week-end mettra à l'honneur des artistes locaux, offrant une programmation aux tonalités résolument régionales.
Un festival international aux racines locales
Cette année, le festival accueille des productions internationales telles que Europa mis en scène par le Polonais Krzysztof Warlikowski, Vania de Tchekhov par le Chilien Guillermo Cacace, ou encore Ivanov du même auteur russe proposé par la Luxembourgeoise Myriam Muller. Cependant, pour son week-end d’ouverture, le festival mise sur une majorité de créations locales. Cinq spectacles, tous portés par des artistes de la région, interrogent les grands récits contemporains : la maternité, le deuil, l’identité et la démocratie.
Des récits fondateurs passés au crible
Dans 5 Secondes d’Hélène Soulié, présenté au Domaine d’O le samedi à 19h30 et le dimanche à 17h et 20h, le mythe de la bonne mère est déconstruit. Ce seul-en-scène, interprété par Maxime Taffanel sur un texte de Catherine Benhamou inspiré d’un fait divers réel, raconte l’histoire d’une femme qui confie son bébé à un inconnu dans le RER avant de disparaître. La pièce interroge les injonctions sociales liées à la maternité, les fragilités masculines et les normes héritées de l’enfance.
Avec Et tout est rentré dans le désordre, de Julie Benegmos et Marion Coutarel, présenté au Kiasma le samedi et dimanche à 17h, c’est le mythe du rite funéraire qui est exploré. Après deux ans d’enquête sur le marché funéraire, les artistes proposent une déconstruction théâtrale d’une boutique de pompes funèbres. Le spectacle interroge la façon dont nos sociétés contemporaines ont chassé la mort de leurs représentations, laissant les endeuillés démunis de rites et de sens.
Dans Les Gaulois, écrit par Marion Aubert et présenté au Domaine d’O du vendredi au dimanche à 22h, on plonge dans le mythe des origines. Deux « gars quadras, blancs, gaulois » – dont Olivier Martin-Salvan, connu pour le duo hilarant des Gros patinent bien – explorent leur identité dans une Gaule fantasmée et instable. Mi-hommes mi-sangliers, ils cueillent du gui, attendent les Romains et se posent des questions existentielles sur la virilité, le nationalisme et la mémoire collective.
Démocratie et spectacle imparfait
Pour Tragédie Démocratie, présenté au Théâtre des 13 vents le samedi à 20h30 et le dimanche à 14h et 20h30, Lara Marcou et Marc Vittecoq auscultent le mythe du « berceau de la démocratie ». Dans un contexte préélectoral français, le Groupe O plonge dans la démocratie athénienne du Ve siècle pour interroger ce mot que tout le monde croit comprendre et que personne ne définit de la même façon.
Enfin, avec On fera mieux la prochaine fois, présenté au Domaine d’O le samedi et dimanche à 15h, Nicolas Heredia s’empare du mythe de l’acteur génial ou du spectacle parfait. Ce « documentaire performé » donne à voir des acteurs professionnels en situation de handicap de La Bulle Bleue qui « tentent, ratent encore, ratent mieux », à l’image de la formule de Beckett.
Le festival se déroule du vendredi 29 mai au samedi 21 juin au Domaine d’O et autres lieux à Montpellier. Le programme complet est disponible sur printempsdescomediens.com.



