Une reproduction miniature de la place de la Bourse
La place de la Bourse de Bordeaux a désormais son pendant miniature du côté d'Eysines. Exit les bords de Garonne, l'ensemble architectural nouvellement créé orne la vitrine du salon de coiffure Le Ciseaux, à l'angle des avenues de Saint-Médard et de l'Hippodrome, secteur du Grand-Louis. Autre différence majeure, des planchettes en bois ont remplacé la pierre blonde des façades du bâtiment construit au XVIIIe siècle. Pour le reste, le résultat est bluffant.
Il s'agit de la 41e œuvre éphémère assemblée par Martine Lohiague, coiffeuse inspirée et un brin barrée. Soixante heures de patient montage et des milliers de pièces ont été nécessaires. Tout y est, jusqu'au reflet inversé des bâtiments dans le miroir d'eau. Et ce, dans le respect des règles de la marque : sans couper ni coller les pièces rectangulaires. « C'est vraiment de l'équilibre à 100 % », garantit la bâtisseuse.
Une technique époustouflante
Jean-Daniel Van der Bruggen, directeur de l'entreprise Kapla et fils du créateur, est venu voir le résultat en personne la semaine dernière. « Un reflet inversé, il n'avait jamais vu ça », sourit Martine. De la même manière, le dirigeant avait été estomaqué il y a quelque temps par l'imbrication de deux structures visant à donner vie au Grand-Théâtre ou par la construction toutes voiles dehors du « Mir », trois-mâts battant pavillon russe.
« Je m'appuie au départ sur des photos, quelques croquis. Puis je mémorise le site, chaque détail, les proportions. Une fois l'image en tête, je n'ai quasiment plus besoin de support visuel », explique Martine. « J'établis une base de construction, et c'est parti. »
Repousser les limites techniques
Repousser sans cesse les limites techniques, tel est le carburant de Martine Lohiague. Mordue depuis 2014 par l'esprit du jeu fondé sur un seul type d'élément, elle n'a plus décroché depuis. Deux thèmes dominent son parcours : les lieux emblématiques de Bordeaux et le patrimoine du bassin d'Arcachon. Du Palais Rohan aux cabanes tchanquées de l'île aux Oiseaux, en passant par le Grand-Hôtel, la cathédrale Saint-André ou la chapelle de la Villa algérienne, elle multiplie les sources d'inspiration.
« Construire est un besoin impérieux, difficile à expliquer... Quand je suis avec mes planchettes, j'entre dans une bulle. Le temps s'efface », confie-t-elle. Les astuces techniques à trouver pour déjouer les pièges de l'assemblage et s'adapter aux contraintes spatiales de la vitrine surgissent au fur et à mesure. Elle y travaille les week-ends, parfois entre deux clients. En offrant toujours une double vue recto (côté rue) et verso (à l'intérieur du magasin).
Un succès auprès des passants
Les passants ne manquent pas de tourner la tête, certains s'arrêtent. Si une grue ou des figurines d'ouvriers du BTP investissent la zone, c'est pour signifier avec humour que le chantier est en cours. Si tout va bien, la place de la Bourse d'Eysines restera debout jusqu'en juin, avant de céder la place à un nouveau projet. L'ambassadrice de la marque a déjà son idée en tête : s'attaquer à la Villa Chopin (Arcachon). « Elle est très difficile à faire. Notamment la véranda panoramique qui réclame des jeux d'équilibre subtils. »



