Carine Lourme, Meilleur ouvrier de France (MOF) haute couture, a ouvert son atelier-galerie de broderie dans le vieux village de Mougins, après une carrière marquée par des collaborations avec des maisons prestigieuses comme Balmain, Givenchy ou encore Lesage. Son parcours, débuté à 19 ans comme dessinatrice de broderie, l'a menée jusqu'à ce titre convoité, obtenu en 2011 grâce à une œuvre ayant nécessité 800 heures de travail.
Un parcours atypique vers la haute couture
Avant de s'installer à Mougins, Carine Lourme a travaillé dans de nombreuses maisons de mode, notamment comme assistante de direction chez Cadolle, la maison qui a inventé le soutien-gorge. C'est là qu'elle découvre par hasard le concours des MOF. « J'ai dû lire le référentiel métier des Meilleurs ouvriers de France en lingerie-corsetterie. Ce n'est pas mon métier et j'avais un travail à faire dessus pour Madame Cadolle, qui était présidente du jury. En lisant le sujet de la couture et de la broderie, je me suis dit qu'il était formidable », raconte-t-elle.
Pour le concours, les brodeurs devaient s'inspirer des œuvres de l'artiste britannique Damien Hirst, connu pour ses vitraux en ailes de papillon. « Il y avait un patronage donné et, à partir de là, il fallait faire sa propre composition et ensuite, faire la broderie. Moi, mon premier métier, c'était dessinatrice, alors ça m'a beaucoup stimulée », explique Carine Lourme.
Une passion née dès l'adolescence
La brodeuse savait depuis la 6e que le vêtement l'intéressait, mais elle ignorait l'existence de nombreux métiers dans cet univers. « À cette époque-là, il n'y avait pas Internet, donc il fallait vraiment rechercher les informations », plaisante-t-elle. À la fin des années quatre-vingt-dix, la mode minimaliste l'a poussée vers des couturiers qui « apportaient de la richesse aux vêtements », ce qui l'a conduite à apprendre la broderie.
« J'ai démarré à 19 ans et mon premier métier, ça a été dessinatrice de broderie. Il n'existe pas d'école pour se former à ça, donc j'ai été formée junior dans un atelier de broderie. Comme j'avais fait une école de mode, je connaissais le patronage, ce qui me donnait une petite avance », détaille-t-elle.
Transmettre et éduquer à la broderie
Après avoir été directrice de production chez Montex, Carine Lourme est descendue dans le Sud par amour il y a un an. Elle a ouvert son atelier-galerie au 48 rue du Maréchal Foch, à Mougins, avec pour objectif « d'éduquer le public » à la broderie haute couture. Les visiteurs peuvent y découvrir des œuvres prêtes à emporter, des échantillons déclinables pour des vêtements ou de la décoration, ainsi que des collaborations avec d'autres artisans pour « montrer qu'on peut aussi mélanger plusieurs techniques ».
Dans son atelier, la brodeuse travaille devant sa vitrine, crochet dans la main droite, paillettes dans la main gauche, créant des pièces uniques avec un point de chaîne. Son savoir-faire, acquis auprès de maisons prestigieuses, est désormais accessible au public, qui peut la voir à l'œuvre et échanger avec elle sur cette discipline méconnue.



