Dax : visites guidées du parc botanique du Sarrat par les jardiniers
Dax : visites guidées du parc botanique du Sarrat

Sur inscription, la mairie de Dax propose des visites du magnifique parc botanique situé en plein centre-ville, par les jardiniers eux-mêmes. Suivez les guides.

Un trésor caché révélé

Il est longtemps resté un trésor caché des humains. Depuis quelques années, la Ville de Dax s’efforce de mettre en avant ce Parc du Sarrat, joyau vert de 3,7 hectares labellisé Jardin remarquable, situé en plein cœur du centre-ville, dont elle a hérité à la mort de l’architecte René Guichemerre, à la fin des années 1980. Plus de 1 000 arbres - certains sont centenaires et le plus grand, un séquoia, culmine à près de 40 mètres de haut -, plus de 450 espèces végétales différentes sont répartis sur tout le site.

« Il fallait trouver un équilibre entre préserver la biodiversité du parc et ouvrir un peu plus son accès aux visiteurs », explique Martine Eridia, adjointe à la mairie de Dax déléguée à l’environnement. Depuis 2021, un tiers du parc est accessible en visite libre. « Quand on entre dans le domaine, on a l’impression d’être dans un autre monde », introduit-elle. Dans cette partie, les promeneurs ont le droit de circuler librement sur la pelouse. Transats en accès libre, jeu d’échecs géant, coins détente, théâtre de verdure avec concerts gratuits proposés par la mairie… Un panel d’activités ludiques et reposantes pour qui le souhaite.

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Visites de deux heures

Si les deux tiers restants du parc sont davantage préservés des visiteurs, il est toutefois possible d’y accéder, ponctuellement. Ils sont d’abord ouverts au public durant trois rendez-vous annuels. Le site sert également d’écrin pour certaines journées spéciales, comme celle de ce jeudi 7 mai durant laquelle, avec la participation de la Ville, le lycée de Borda a pu organiser une après-midi entière au parc, sur invitation et pour les lycéens. Au programme, des performances artistiques, notamment un spectacle de danse par la compagnie L.A.C., venue de Bordeaux. La scène était installée en plein milieu du parc, « une première », se réjouit Marc-Édouard Lascaray, jardinier en chef et responsable entre autres de la gestion du Sarrat. « On est toujours preneurs de ce genre de manifestation, c’est très bien de créer des événements ici », appuie Martine Eridia.

Les trois rendez-vous annuels

  • Le week-end du 6 et 7 juin, se tiendra la 23e édition des Rendez-vous aux jardins. Le Parc du Sarrat sera ouvert de 14 à 18 heures, avec notamment des visites guidées gratuites à 14 et 16 heures.
  • Les 20 et 21 juin, se tiendront les 5e Rencontres botaniques. L’accès au parc sera libre, de 10 à 18 heures. Visites guidées à 14 et 16 heures.
  • Le Parc du Sarrat sera également ouvert pour les prochaines Journées du patrimoine, les 19 et 20 septembre.

Tout au long du parcours dans le parc de 3,8 hectares, des panneaux pédagogiques ont été installés. Avant le spectacle de danse, le jardinier avait programmé une visite du site, d’une durée d’une heure. Des visites du genre, lui et les deux autres jardiniers du Sarrat, Christophe et Yannick, en organisent durant toute la belle saison, sur réservation. Et comptez davantage deux heures qu’une, tant la passion volubile est une caractéristique de ces jardiniers.

Qualité de l’air

La visite commence au doux son des oiseaux devant l’ancienne maison de René Guichemerre. « L’architecte était obsédé par le nombre d’or, expose le jardinier. Tout dans sa maison et dans son jardin est bien proportionné. » La pelouse est volontairement laissée sans tonte jusqu’à fin juillet. « On laisse les orchidées sauvages, les serapias. Leur présence ici témoigne d’une absence de pollution, précise Marc-Édouard Lascaray, cela fait plus de vingt ans que l’on fonctionne en “zéro phyto”, tout est bio ici. »

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« René Guichemerre aimait laisser la forêt pousser de manière naturelle », ajoute-t-il. On s’arrête devant une glycine qui s’enroule autour d’un platane haut de 30 mètres. « C’est une glycine du Japon, elle ne s’enroule pas dans le même sens que la glycine de Chine, plus commune », enseigne le jardinier. Le guide s’accroupit près d’une minuscule plante au milieu de l’herbe. « Cette petite fougère est protégée. Elle a l’aspect d’une langue. C’est très rare. Elle témoigne aussi d’une bonne qualité de l’air. » Tout autour de la pelouse, se déploie une frondaison remarquable d’arbres aux espèces diverses et variées.

On contourne ensuite un bassin ombragé dans lequel sillonnent quelques carpes. « Il s’agit d’une eau ferrugineuse, qui sort à l’aide d’un système de forage. Tout ici fonctionne en circuit fermé. » On poursuit sous la canopée, mise en valeur grâce à un miroir. « Ici, l’été, il fait 8 degrés de moins qu’ailleurs. » Puis, on emprunte un chemin japonais, directement sur le bassin. Deux minutes devant un platane et un tilleul dont les troncs semblent avoir fusionné, « tel un baiser éternel ». Un arrêt au potager, une explication sur l’irrigation du parc, à l’aide notamment d’un bélier hydraulique. Puis une curiosité attire l’œil, des racines aériennes d’un immense cyprès chauve, disséminées tout au long du parcours. Tant de merveilles – et tant d’autres – qui n’attendent que le regard du néophyte pour être un peu plus sublimées.

Informations pratiques : (1) La grille est ouverte de mars à octobre, du mardi au samedi, de 14 à 18 heures. (2) Les mardi, jeudi et samedi à 15 heures. Réservations : 06 99 70 37 32. Cinq euros par personne. (3) La maison se visite le mercredi, à 16 heures, sur réservation au 06 47 60 77 67, uniquement pour les groupes.