Une disparité cartographique frappante entre le Liban et ses voisins
Une carte presque vierge, qui contraste fortement avec celle, bien plus détaillée, de l'autre côté de la frontière. C'est ce qu'ont observé des utilisateurs arabophones et anglophones d'Apple Maps concernant le sud du Liban, une région actuellement déchirée par la guerre entre le Hezbollah et l'armée israélienne. Du côté libanais, seul le nom de la ville côtière de Tyr apparaît, tandis que du côté israélien, les noms de villages, pourtant moins peuplés, sont clairement visibles le long de la frontière. En zoomant sur le territoire libanais, des noms de routes, de commerces ou de centres médicaux émergent, mais c'est tout.
Un phénomène qui s'étend à l'ensemble du pays
Le phénomène n'est pas limité au sud Liban : de nombreux noms de localités n'apparaissent pas dans l'ensemble du pays, alors qu'ils sont visibles pour Israël, la Syrie ou la Turquie, pays de la région. Des internautes sur X, Bluesky ou TikTok en ont conclu qu'Apple avait « supprimé » les noms de villages. En revanche, sur Google Maps ou OpenStreetMap, les villes sont bien répertoriées, ce qui soulève des questions sur la couverture cartographique d'Apple.
Les explications d'Apple face aux constatations
Auprès de 20 Minutes, Apple explique que les villages n'ont jamais figuré dans son service de cartographie. Le média a retrouvé sur YouTube une capture d'écran d'Apple Maps qui semble confirmer cette affirmation : mise en ligne il y a trois ans sur la chaîne d'un Américain, on constate que les noms des villages du sud Liban n'y apparaissent effectivement pas. L'entreprise américaine complète en indiquant que la nouvelle version de son service n'est pas encore déployée dans cette région, sans préciser le périmètre exact concerné.
La firme californienne ajoute qu'elle continue d'étendre son service, mais qu'Apple Maps, dans cette version, n'est pas encore disponible dans toutes les régions du monde. Cela souligne les défis techniques et logistiques liés à la cartographie globale.
D'autres territoires affectés par l'absence de données
Apple n'a pas détaillé à quelle date son service sera disponible au Liban. L'entreprise n'a pas non plus répondu aux demandes de précisions concernant les autres territoires où son service est absent. Toutefois, 20 Minutes a constaté que le service n'est par exemple pas encore déployé dans l'Azad Cachemire, un territoire pakistanais de quatre millions d'habitants au cœur d'une région disputée avec l'Inde. Aucun nom de village ni même de villes n'y apparaît. Apple Maps n'est aussi que partiellement disponible au Tadjikistan voisin, où seuls les noms des villes principales sont visibles. Un constat similaire est fait au Yémen ou en Somalie, mettant en lumière des lacunes dans la couverture mondiale.
Contexte géopolitique et implications actuelles
Selon Israël, le Liban n'est pas concerné par le cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril entre Israël, les États-Unis et l'Iran. Le sud Liban a été de nouveau précipité dans la guerre début mars après des tirs du Hezbollah libanais vers Israël. Israël a répliqué en ordonnant aux habitants du sud Liban d'évacuer et en bombardant des localités de la région. Des quartiers de la capitale Beyrouth ont également été pris pour cible. Des pourparlers de paix entre les gouvernements libanais et israéliens doivent se tenir ce mardi à Washington. Toutefois, le Hezbollah a d'ores et déjà demandé « l'annulation » de ces discussions, ajoutant une couche de complexité à la situation déjà tendue.
Cette disparité cartographique, bien que technique, reflète les défis plus larges de l'accès à l'information dans les zones de conflit et les régions sous-développées, où la technologie peut parfois laisser des vides significatifs.



