À Zagreb, les premiers robotaxis d'Europe tentent de s'insérer dans le trafic
Zagreb : premiers robotaxis d'Europe dans le trafic

Depuis quelques semaines, les rues de Zagreb, la capitale croate, sont le théâtre d'une expérience inédite en Europe : des robotaxis, ces véhicules entièrement autonomes sans conducteur, sillonnent le centre-ville et ses artères principales. Cette initiative, portée par la start-up locale Autonomna Vožnja en partenariat avec la municipalité, vise à tester l'intégration de ces engins dans un trafic dense et chaotique, loin des environnements contrôlés des précédents essais.

Un déploiement progressif mais ambitieux

Les premiers robotaxis ont été déployés dans un périmètre restreint de 5 kilomètres carrés, couvrant le quartier des affaires et la vieille ville. Les véhicules, des berlines électriques équipées de capteurs lidar, de caméras et de radars, peuvent être réservés via une application mobile. Le service est gratuit pour l'instant, afin d'attirer les utilisateurs et de collecter un maximum de données. Selon Ivan Horvat, PDG d'Autonomna Vožnja, « l'objectif est de prouver que la technologie est suffisamment mature pour gérer des situations complexes, comme les ronds-points ou les piétons imprévisibles ».

L'expérience a été autorisée par le ministère croate des Transports après une phase de tests en circuit fermé. Les autorités locales espèrent que cette initiative fera de Zagreb un pôle d'attractivité pour les investissements dans la mobilité intelligente. Cependant, des inquiétudes persistent parmi les habitants et les conducteurs traditionnels.

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Des défis techniques et humains

Les premiers retours sont mitigés. Si certains passagers saluent la fluidité de la conduite et la propreté des véhicules, d'autres rapportent des hésitations et des freinages brusques face à des situations inhabituelles. Un incident notable s'est produit lorsqu'un robotaxi est resté bloqué plusieurs minutes devant un carrefour en raison d'un marquage au sol effacé. « La voiture ne savait plus quelle voie emprunter », raconte un témoin. Les ingénieurs d'Autonomna Vožnja affinent en permanence les algorithmes grâce aux données collectées.

Au-delà des aspects techniques, l'acceptation sociale est un enjeu majeur. Un sondage local indique que 45 % des Zagrebois se disent « méfiants » à l'égard des robotaxis, principalement pour des raisons de sécurité. La municipalité a lancé une campagne de communication pour rassurer la population, mettant en avant les bénéfices potentiels : réduction des embouteillages, baisse de la pollution et accessibilité pour les personnes âgées ou handicapées.

Un tremplin pour l'Europe ?

Cette expérience croate pourrait servir de modèle pour d'autres villes européennes. Contrairement aux tests menés aux États-Unis ou en Chine, l'environnement urbain européen est souvent plus dense et moins standardisé. « Si cela fonctionne à Zagreb, cela peut fonctionner ailleurs », estime Marta Kovač, experte en mobilité à l'Université de Zagreb. Elle souligne toutefois que le cadre réglementaire reste flou : « Il faut une harmonisation au niveau européen pour éviter un patchwork de règles ».

Le projet suscite également l'intérêt de grands groupes automobiles, comme Volkswagen et Renault, qui suivent de près les résultats. Pour l'heure, la flotte de robotaxis compte une dizaine de véhicules, mais l'ambition est de passer à 50 d'ici la fin de l'année, et d'étendre la zone de service à l'ensemble de l'agglomération. Les prochains mois seront décisifs pour déterminer si les robotaxis peuvent réellement s'insérer durablement dans le trafic européen.

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