L'Union européenne durcit le ton face à Meta sur l'accès des IA à WhatsApp
La Commission européenne a exprimé ce mercredi 15 avril son insatisfaction face aux annonces récentes du groupe Meta concernant l'intégration des services d'intelligence artificielle concurrents dans son application de messagerie WhatsApp. L'exécutif européen a clairement menacé d'imposer des mesures provisoires au géant technologique pour garantir l'accès équitable des assistants IA tiers à la plateforme.
Une enquête ouverte fin 2025 pour abus de position dominante
L'Union européenne avait ouvert une enquête ciblant Meta à la fin de l'année 2025, après que le groupe (propriétaire de Facebook et Instagram) avait décidé de priver d'accès à WhatsApp les assistants d'intelligence artificielle concurrents de sa propre technologie, Meta AI. La Commission, en tant que gendarme de la concurrence dans l'UE, avait déjà demandé en février à Meta de renoncer à ce changement entré en vigueur mi-janvier, estimant qu'il constituait vraisemblablement un abus de position dominante, en infraction avec le droit européen.
En réaction à cette pression réglementaire, Meta avait annoncé début mars avoir renoncé à interdire les IA tierces dans WhatsApp. Cependant, le groupe a décidé de leur imposer désormais le paiement de frais de structure, censés compenser les surcoûts pour ses propres systèmes liés à l'activité de ces assistants concurrents.
Des frais jugés équivalents à une interdiction
La Commission a indiqué ce mercredi qu'elle considérait que faire payer de tels frais « est équivalent à l'interdiction antérieure ». Autrement dit, selon l'exécutif européen, Meta continuerait de barrer illégalement la route aux intelligences artificielles tierces en imposant des barrières financières dissuasives.
Face à cette situation, la Commission européenne a donc prévenu qu'elle avait l'intention d'imposer à Meta des « mesures provisoires » pour faire cesser cette atteinte à la concurrence, sans attendre la conclusion de son enquête approfondie. Cette approche proactive vise à prévenir tout dommage durable au marché concurrentiel des services d'intelligence artificielle.
Des conséquences potentielles importantes pour Meta
Si ce bras de fer entre Bruxelles et le géant technologique ne trouvait pas d'issue satisfaisante, le groupe pourrait, à terme, s'exposer à de possibles lourdes amendes. La Commission européenne dispose en effet de pouvoirs de sanction significatifs pour faire respecter les règles de concurrence au sein du marché unique.
Bruxelles précise en outre avoir étendu le champ de ses investigations à l'Italie, qui avait ouvert précédemment sa propre enquête dans cette même affaire. Cette coordination renforcée entre autorités européennes démontre la détermination des régulateurs à garantir un environnement concurrentiel équitable dans le secteur des technologies émergentes.
Cette affaire illustre les tensions croissantes entre les géants de la tech et les régulateurs européens sur des questions cruciales de concurrence et d'accès aux plateformes dominantes. La décision finale de la Commission européenne pourrait établir un précédent important pour l'avenir de l'intelligence artificielle en Europe.



