L'Intelligence Artificielle mise en échec lors des municipales de Biarritz
À la veille du premier tour des élections municipales à Biarritz, la rédaction du journal Sud-Ouest a mené une expérience insolite en interrogeant trois intelligences artificielles différentes sur leurs pronostics électoraux. L'objectif était de déterminer si ces outils algorithmiques pouvaient anticiper avec précision les résultats du scrutin dans la célèbre station balnéaire du Pays basque.
Une méthodologie rigoureuse mais des résultats décevants
Les journalistes ont soumis exactement le même prompt aux trois IA testées : Chat GPT, Claude et Mistral. La consigne était claire : prédire le résultat du premier tour des élections municipales de 2026 à Biarritz en s'appuyant sur toutes les informations publiques disponibles sur Internet. Cela incluait les articles de presse locale et nationale, les déclarations et programmes des candidats, l'activité sur les réseaux sociaux, les débats publics, la dynamique politique locale et les résultats électoraux passés.
Les candidats concernés par cette analyse étaient : Maider Arosteguy (maire sortante), Serge Blanco, Guillaume Barucq, Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde, Ana Ezcurra et Richard Tardits.
Des erreurs de pronostic significatives
Le verdict des urnes a été sans appel pour les intelligences artificielles. Toutes les trois ont placé en tête la maire sortante Maider Arosteguy, suivie de Serge Blanco puis de Guillaume Barucq en troisième position. Si les deux premiers candidats arrivent effectivement en tête du scrutin, la réalité est bien plus serrée que ne l'avaient anticipé les algorithmes.
En réalité, Maider Arosteguy et Serge Blanco sont au coude à coude avec seulement 12 voix d'avance pour la maire sortante, soit 26% des 13 476 suffrages exprimés à Biarritz. Quant à Guillaume Barucq, il n'arrive qu'en cinquième position avec un score de 12,16%, bien loin de la troisième place que lui attribuaient toutes les IA.
La surprise Biarritz Berri totalement ignorée
Le plus gros échec des intelligences artificielles concerne la montée en puissance de Biarritz Berri, la liste citoyenne et participative de gauche menée par l'avocate Ana Ezcurra. Cette formation caracole en troisième position avec 17,8% des suffrages, un score que les IA n'avaient absolument pas anticipé.
Chat GPT était pourtant l'IA la plus optimiste pour cette liste, lui prédisant un score de 10%, tandis que Claude ne lui accordait que 6% à peine. La réalité électorale a donc largement dépassé les prévisions algorithmiques les plus favorables.
La chute de Tardits, un scénario imprévu
Autre surprise majeure que les robots n'avaient pas du tout anticipée : la dégringolade de Richard Tardits. Le candidat malheureux est le seul exclu d'office du second tour avec seulement 3,63% des suffrages exprimés. Pourtant, les trois intelligences artificielles le créditaient de scores compris entre 7 et 9%.
Il est intéressant de noter que Richard Tardits avait intégré à sa liste le candidat RN Michel Fournier, une alliance qui ne lui a finalement été d'aucune aide électorale selon les résultats du scrutin.
Une seule prédiction relativement précise
Sur l'ensemble des candidats, c'est pour Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde que les IA ont été les plus précises. Admis au second tour avec 13,11% des voix, ce candidat avait été bien évalué par les algorithmes. Claude avait même tapé dans le mille en lui prédisant exactement 13%, tandis que Chat GPT n'était pas loin avec une estimation à 12%.
Cette expérience démontre que si l'intelligence artificielle sait et peut faire beaucoup de choses, lire l'avenir électoral ne fait pas encore partie de ses capacités fiables. Les subtilités de la vie politique locale, les dynamiques de dernière minute et les facteurs humains imprévisibles échappent encore largement aux modèles algorithmiques.
Les résultats de cette expérience soulignent l'importance de ne pas surévaluer les capacités prédictives des technologies émergentes, particulièrement dans le domaine complexe et mouvant de la politique locale où l'humain reste au cœur des décisions électorales.



