Dans sa chronique publiée le 26 septembre 2026, l'essayiste Mara Goyet s'inquiète de l'influence croissante du « style IA » sur notre manière d'écrire. Selon elle, les tics de langage des intelligences artificielles comme ChatGPT ou Claude pourraient devenir une forme de français académique, voire scolaire, que tout le monde imiterait.
L'affaire Thélyson Orélien, un déclencheur
Cette réflexion fait suite à l'affaire Thélyson Orélien, un écrivain dont le livre a remporté un beau succès et qui a été soupçonné par certains, dont des machines, d'avoir utilisé l'intelligence artificielle pour rédiger son texte. L'affaire a déclenché des cris d'escroquerie, mais Mara Goyet ne souhaite pas s'attarder sur cet aspect. Elle estime que si une machine était capable d'écrire un nouveau « Guerre et Paix », force serait de reconnaître le chef-d'œuvre, même si cela pose des questions profondes et vertigineuses.
Les tics de langage des IA
Ce qui intéresse la chroniqueuse, c'est la manière dont « le style IA » pourrait nous influencer et nous imprégner. Comme l'explique Benoît Raphaël, spécialiste en intelligence artificielle, dans « le Nouvel Obs », « les IA ont des tics de langage, des expressions qui reviennent souvent ». Ces expressions pourraient s'imposer comme une norme, un modèle à suivre, au risque d'appauvrir la diversité stylistique de la langue française.
Un risque d'appauvrissement stylistique
Mara Goyet s'inquiète de la possibilité que ce style uniforme devienne la référence en matière d'écriture, notamment dans le contexte scolaire et académique. Les élèves et les étudiants pourraient être tentés d'imiter ces tics de langage, croyant adopter une forme de français correct et moderne. Or, cette imitation risquerait de réduire la créativité et la richesse de l'expression individuelle.
La chroniqueuse ne propose pas de solution miracle, mais elle invite à la réflexion sur l'impact à long terme de l'IA sur notre langue. L'enjeu est de taille : préserver la diversité des styles tout en intégrant les nouvelles technologies. La question reste ouverte, mais la vigilance est de mise.