IA : « Notre objectif doit être que personne ne nous dicte nos choix »
IA : personne ne doit nous dicter nos choix

Dans une tribune publiée par Le Monde, un collectif d'experts et de personnalités du numérique et de la politique alerte sur les risques de perte de souveraineté liés à l'intelligence artificielle (IA). Leur objectif est clair : « que personne ne nous dicte nos choix, ni en numérique, ni en politique ».

Un appel à la vigilance démocratique

Les signataires, parmi lesquels figurent des chercheurs, des entrepreneurs et des élus, estiment que l'IA ne doit pas devenir un outil de domination. Ils rappellent que les grandes plateformes technologiques, souvent américaines ou chinoises, concentrent déjà un pouvoir considérable sur les données et les algorithmes. Selon eux, cette concentration menace la capacité des citoyens et des États à décider librement de leur avenir.

« Aujourd'hui, les géants du numérique influencent nos choix de consommation, nos opinions et même nos processus électoraux », écrivent-ils. Ils citent notamment l'utilisation de l'IA pour la publicité ciblée et la manipulation de l'information, qui peuvent fausser le débat public.

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Des solutions pour une IA souveraine

Le collectif propose plusieurs pistes pour garantir une IA respectueuse des valeurs démocratiques. Il préconise d'abord le développement de modèles d'IA ouverts et transparents, dont le code source et les données d'entraînement sont accessibles à tous. Ensuite, il appelle à une régulation européenne forte, avec des mécanismes de contrôle indépendants. Enfin, il insiste sur la nécessité de former les citoyens aux enjeux du numérique.

« La souveraineté numérique passe par la capacité à comprendre et à maîtriser les technologies que nous utilisons », affirment-ils. Ils soulignent que l'Europe dispose déjà d'atouts, comme le Règlement général sur la protection des données (RGPD), mais qu'il faut aller plus loin.

Des exemples concrets de dépendance

La tribune illustre son propos avec des exemples concrets. En 2024, selon une étude citée, 80 % des solutions d'IA utilisées dans l'administration française provenaient de fournisseurs étrangers. Cette dépendance expose à des risques de fuite de données sensibles et de décisions stratégiques influencées de l'extérieur.

De même, dans le domaine de la santé, des algorithmes d'IA développés par des entreprises non européennes sont utilisés pour le diagnostic médical, sans garantie suffisante sur la protection des données des patients. « Nous ne pouvons pas laisser des acteurs privés, parfois non soumis à nos lois, décider de ce qui est bon pour notre santé », préviennent les signataires.

Un enjeu politique avant tout

Pour les auteurs, l'IA n'est pas qu'une question technique : c'est un enjeu politique fondamental. « Laisser les géants du numérique dicter nos choix, c'est renoncer à notre démocratie », écrivent-ils. Ils appellent les citoyens à se mobiliser et les pouvoirs publics à agir rapidement.

La tribune se conclut sur une note d'espoir : « Il est encore temps de reprendre le contrôle. Mais cela exige une volonté politique forte et une prise de conscience collective. »

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