Trois adolescentes du Tennessee poursuivent xAI d'Elon Musk pour des deepfakes pornographiques
Adolescentes du Tennessee poursuivent xAI pour deepfakes pornos

Trois adolescentes du Tennessee poursuivent xAI d'Elon Musk pour des deepfakes pornographiques

Trois jeunes filles du Tennessee, dans le sud des États-Unis, ont déposé lundi une plainte collective contre xAI, la société d'intelligence artificielle d'Elon Musk. Elles accusent son chatbot Grok d'avoir généré des images pornographiques hyperréalistes à partir de leurs véritables photos, selon les déclarations de leurs avocates. Cette action en justice, qui pourrait s'étendre à plus d'un millier de victimes mineures, est directement liée à la prolifération, autour du Nouvel An, de montages deepfake de femmes et d'enfants dénudés. Cette affaire a suscité un tollé mondial et conduit à l'ouverture d'enquêtes dans plusieurs pays, notamment en Californie.

Grok au cœur d'une affaire de deepfakes

La plainte, déposée devant un tribunal fédéral de San José en Californie, cite le cas d'un auteur, depuis arrêté, qui a utilisé Grok pour transformer des photos ordinaires des adolescentes. Ces images, prises sur les réseaux sociaux ou dans des annuaires scolaires, ont été modifiées en images sexualisées hyperréalistes. Les montages ont ensuite circulé sur X (anciennement Twitter), Discord et Telegram, avant de migrer vers le dark web, où ils ont servi de monnaie d'échange pour d'autres contenus pédopornographiques, comme le rapporte la plainte.

« Voir ma fille faire une crise de panique en réalisant que ces images avaient été créées et diffusées sans espoir de les effacer a été déchirant », a déclaré la mère d'une des plaignantes. L'une des adolescentes souffre de cauchemars récurrents, tandis qu'une autre nécessite un accompagnement médical pour dormir et redoute d'assister à sa cérémonie de diplôme.

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xAI face à la justice américaine

Les avocates dénoncent que xAI a délibérément conçu Grok pour produire des contenus sexuellement explicites à des fins lucratives, sans mettre en place les protections utilisées par les autres grands acteurs de l'IA contre la pédopornographie. La plainte est fondée sur deux textes fédéraux américains : la loi Masha, qui permet aux victimes de pédopornographie d'obtenir des dommages et intérêts, et la loi sur la protection des victimes de traite des êtres humains. Les plaignantes réclament des dommages et intérêts et demandent que xAI soit empêchée de permettre ce type de montages.

Bien que les plateformes soient largement exemptées de responsabilité aux États-Unis pour les contenus publiés par des utilisateurs, « sans xAI, ces contenus illégaux n'auraient jamais pu exister », fait valoir Annika K. Martin, avocate du cabinet Lieff Cabraser. Selon une étude du Center for Countering Digital Hate (CCDH), Grok aurait généré près de trois millions d'images sexualisées en seulement 11 jours fin 2025, dont 23 000 représentant des mineurs.

Face au tollé, xAI a restreint mi-janvier la génération d'images avec Grok à ses seuls abonnés payants et a assuré bloquer la génération d'images sexualisées « au sein des juridictions où cela est illégal ». Elon Musk, qui s'exprime quotidiennement sur X, fustige les régulations des gouvernements, accusés de vouloir « supprimer la liberté d'expression ».

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