IA et projet Skin à Nice : révolutionner l'accès aux soins dermatologiques
IA et projet Skin à Nice : révolution dermatologique

Un lieu inédit vient d'ouvrir à Nice pour favoriser l'innovation en dermatologie. Alors que les maladies de peau touchent environ 20 millions de personnes en France, la moitié renonce à se soigner faute de spécialistes disponibles. Face à cette crise, l'intelligence artificielle (IA) peut apporter des solutions.

Un guichet unique pour accélérer l'innovation

Pour pallier ce problème, le tiers lieu d'expérimentation Skin a ouvert à Nice en début d'année, porté par le CHU de Nice et l'INRIA, en partenariat avec des associations de médecins et de patients. Objectif : accompagner les startups et PME de l'idée au marché. Inédit en France, ce guichet unique national entend accélérer le développement de solutions numériques en dermatologie (imagerie IA, téléexpertise, outils de suivi thérapeutique) pour améliorer le diagnostic, les traitements et l'accès aux soins.

Prévention, diagnostic, téléexpertise : l'apport du numérique

« La peau est probablement l'organe le plus à même d'être aidé par les applications numériques, parce qu'elle est visible », commente le Pr Thierry Passeron, chef du service de dermatologie du CHU de Nice. L'intelligence artificielle a ainsi la capacité d'analyser des photos de la peau, d'améliorer la qualité des clichés pris par les patients... « Les outils numériques peuvent détecter d'éventuelles lésions et les classer : sont-elles bénignes ou pas ? En alertant sur une zone spécifique, ils ont la capacité de porter l'attention du médecin sur telle tâche et éventuellement de faire un prédiagnostic. C'est une aide », explique Xavier Descombes, responsable de l'équipe Morpheme chez INRIA.

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Ces solutions innovantes peuvent aussi favoriser la prévention. Mais elles ne remplacent en aucun cas la consultation chez un médecin, insistent les experts. « L'analyse d'images nécessite toujours une validation médicale. » Par ailleurs, l'intérêt du numérique réside aussi dans le développement de la téléexpertise, qui met en relation des médecins généralistes ou des infirmiers avec des dermatologues, palliant ainsi l'insuffisance de spécialistes. Enfin, l'IA représente une opportunité pour le grand public de s'informer sur les avancées médicales. « Un patient découragé par un psoriasis sévère pourrait interroger une intelligence artificielle et découvrir qu'il a aujourd'hui de très fortes chances de guérison grâce à des biothérapies récentes, puis consulter pour demander un traitement adapté », ajoute le Pr Passeron.

Mesurer une maladie et son évolution grâce à l'IA : l'exemple du vitiligo

Pour évaluer la surface de la peau touchée par la dépigmentation dans le cas d'un vitiligo, la société Newtone a développé Vitil-IA. Un algorithme couplé à des photographies sous lumière UV permet de calculer le pourcentage de peau dépigmentée avec une extrême précision, là où l'œil et les techniques classiques sont imprécis. Cet outil innovant permet aussi d'évaluer l'efficacité de nouveaux traitements dans le cadre d'essais cliniques.

Demain à Nice : un institut de la peau ?

Le tiers lieu d'expérimentation Skin est pensé comme la première pierre d'un projet ambitieux : la création d'un Institut de la peau. « L'objectif est de regrouper à Nice, en un seul et même lieu physique, toutes les expertises liées à la peau : la prévention, le soin, la recherche académique et la recherche industrielle », annonce le Pr Thierry Passeron. Dans ce cadre, l'IA permettra d'analyser et de croiser d'immenses bases de données cliniques, biologiques, génétiques et histologiques, rendant la recherche translationnelle plus efficace pour trouver de nouveaux traitements.

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Plus de 200 000 nouveaux cancers cutanés, parfois à un stade avancé, sont détectés chaque année en France, et près de 20 millions de personnes vivent avec au moins une maladie de peau. Psoriasis, maladie de Verneuil, vitiligo ou pelade connaissent un très fort développement et impactent lourdement la qualité de vie des patients. Pourtant, une personne sur deux renonce à soigner sa peau, notamment en raison des difficultés à obtenir un rendez-vous chez un spécialiste, avec des délais variant de 3 mois à 1 an et demi selon les régions. « Alors que la dermatologie connaît de nombreuses avancées, il est extrêmement frustrant de constater que beaucoup de personnes n'ont pas accès à des traitements innovants », conclut le Pr Passeron.