IA en F1 : comment l'intelligence artificielle révolutionne les courses
IA en F1 : comment l'intelligence artificielle révolutionne les courses

L'intelligence artificielle s'est immiscée dans nos vies et dans la plupart des secteurs d'activité. Le sport automobile et la Formule 1 ne font pas exception. Dernier épisode en date, en février, avec la signature d'un partenariat entre Anthropic, l'éditeur de l'intelligence artificielle Claude, et l'écurie de Formule 1 Atlassian Williams. « Ce partenariat nous permet de démontrer le potentiel de l'alliance entre un talent humain exceptionnel et des modèles innovants », a expliqué James Vowles, directeur de l'écurie, à la signature de cet accord.

Un océan de données à exploiter

L'objectif n'est pas de remplacer les ingénieurs, mais de leur permettre d'exploiter plus efficacement les milliers de données produites chaque week-end de Grand Prix. Car une Formule 1 moderne comporte plus de 300 capteurs et génère plusieurs téraoctets d'informations. Ce qui rend l'analyse de celles-ci quasiment impossible sans apport technologique. « L'IA est la seule technologie qui permette de découvrir la valeur cachée dans l'énorme quantité de données générées et transmises lors d'une course de F1 moderne », atteste l'homme fort de Williams.

Des décisions automatisées

Dans le sillage de ce partenariat, Williams a récemment créé un nouveau poste, celui de directeur des systèmes d'information, auquel a été nommé le Dr James Smith : « Le nouveau champ de bataille en Formule 1 réside dans notre capacité à exploiter les données et l'intelligence artificielle. » Williams n'est pas la seule écurie à avoir pris le virage de l'IA. « Le système peut désormais prendre des décisions à notre place. Cela permet aux ingénieurs de se concentrer sur des aspects plus importants et d'être plus performants dans leur travail », a assuré à Reuters Jack Harington, responsable des partenariats du groupe Oracle Red Bull Racing, qui a Oracle comme partenaire, l'un des incontournables en matière d'intelligence artificielle.

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Des simulations pour anticiper

Elle ouvre donc le champ des possibles. Par exemple, l'écurie Visa Cash App Racing Bulls utilise des plateformes d'IA pour créer ses jumeaux numériques afin de simuler des milliers de scénarios pour prédire les performances et les risques. Analyse des données, des risques, scénarios de course… l'IA appliquée à la Formule 1 pourrait aussi permettre « d'anticiper en temps réel les décisions des commissaires », selon un spécialiste de l'IA. « Elle permet d'évaluer la probabilité et l'impact d'une pénalité, de préparer la défense en cas de contestation, en plus de simuler différents scénarios de course en temps réel. Lorsqu'un incident survient, l'équipe de l'écurie est capable d'estimer rapidement la probabilité de déploiement d'une voiture de sécurité (la safety car), la durée moyenne d'une neutralisation dans des conditions similaires ainsi que les conséquences stratégiques d'un arrêt au stand immédiat. »

Avis partagés auprès des pilotes

Une analyse partagée par Lewis Hamilton. « Peut-être qu'il faudrait utiliser l'IA pour aider à prendre ces décisions », avait-il déclaré en marge du Grand Prix de Singapour en 2023. Mais pas forcément Max Verstappen : « Nous ne voulons pas quelque chose comme le catch américain, où tout est artificiel et faux. » Si l'IA appliquée à la F1 est amenée à se développer dans les années à venir, elle n'est pas une chose nouvelle. Depuis 8 ans, la F1 collabore avec Amazon Web Services pour développer des outils de prédiction, améliorer les analyses de course et enrichir les retransmissions télévisées. Selon l'agence de presse Reuters, huit partenariats ont été signés au cours des six derniers mois entre sociétés d'IA et écuries de F1.

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