IA en entreprise : le rapport qui alerte sur la perte d'expertise
IA en entreprise : alerte sur la perte d'expertise

Un rapport d'envergure sur l'impact de l'IA dans les entreprises

Et si l’on s’intéressait à ce qui se passe vraiment dans les entreprises ? Un rapport piloté par dix-sept grands groupes français — Renault, Vinci, SNCF, RATP, Hermès, Amundi, Veolia et d’autres —, représentant 1,5 million de salariés, tire la sonnette d’alarme sans catastrophisme. Ce Projet Sens, animé par Jean-Baptiste Barfety, parrainé par Laura Chaubard, la directrice de l’École Polytechnique et Jean-Dominique Senard (Renault), s’appuie sur les retours de 63 managers de terrain, 25 DRH et 3 000 pages de littérature académique.

Le constat : une IA qui uniformise les productions

L’IA sait rédiger, synthétiser, mettre en forme, et laisse à l’humain décider et valider. En apparence, il s’agit d’un bon partage des tâches. En pratique, c’est plus compliqué. Les productions sont jugées « lisses » et « normatives » : c’est le risque du Model Collapse, où un modèle nourri de textes générés par d’autres IA produit des contenus de moins en moins originaux — au point qu’en 2024, le projet linguistique Wordfreq a dû fermer, le web étant devenu inexploitable.

Le paradoxe du gain de temps

Un écueil important est le paradoxe du gain de temps : quand la machine à laver est apparue, le linge lavé a été multiplié par dix. L’IA menace la même inflation. Isabelle Quainon, DRH de Veolia, explique : « Si on libère du temps grâce à l’IA, c’est pour sortir de l’isolement, pas pour faire plus de reporting. » Sans oublier le collectif : une étude Harvard/Wharton (2025) montre qu’un individu seul avec une IA surpasse une équipe entière sans elle. Si chacun travaille mieux seul, pourquoi collaborer ?

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L'alerte sur l'effritement de l'expertise

L’expertise s’effrite par le bas. L’IA améliore la productivité des moins expérimentés de 34 %, mais n’a aucun effet sur les meilleurs — des développeurs confirmés ont même mis 19 % de temps en plus avec elle. Or c’est en occupant les postes d’entrée qu’on forme les experts de demain. « Ça paraît tellement juste et tellement vrai qu’on perd son esprit critique », alerte Ludovic Demierre, DRH de Vinci.

Un appel à préserver la décision humaine

Les signataires refusent le « déterminisme technologique » et affirment que « l’avenir du travail est un choix humain » : préserver les postes juniors, orienter les gains vers la qualité, accepter le droit à l’erreur. Car si un salarié qui contredit l’IA se fait reprendre par son manager, la décision humaine n’est qu’une façade. « Si on ne l’accepte pas, on va tuer tout ce qui fait la magie de l’innovation. On va avoir des humains robotisés dans nos jobs », avertit Philippe Bru, DRH de la SNCF. La réflexion de Laura Chaubard illustre l’esprit du rapport : « L’essentiel est que chaque organisation conserve une chaîne de responsabilité humaine claire et opérante. Que la décision soit éclairée par l’IA ou non, c’est un humain qui doit en assumer les conséquences. »

Une innovation robotique pour explorer les récifs coralliens

Un robot sous-marin autonome est capable de localiser des zones de forte biodiversité sur les récifs coralliens en suivant les sons produits par les animaux. Baptisé Curee (Curious Underwater Robot for Ecosystem Exploration), l’engin développé par le Woods Hole Oceanographic Institution combine caméras et hydrophones pour croiser observations visuelles et acoustiques en temps réel. Dévoilé dans une étude publiée dans Science Robotics, il peut détecter et suivre le crépitement de crevettes pistolets jusqu’à 25 mètres à travers le récif. En escortant un barracuda pendant près de dix minutes sur le site de Joel’s Shoal, dans les îles Vierges américaines, le robot a identifié une zone de concentration exceptionnelle d’espèces, jusque-là inconnue.

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Une nouvelle caméra de poche haut de gamme

Dévoilée à Cannes, la DJI Osmo Pocket 4P s’impose comme une caméra de poche pensée pour les créateurs exigeants. Elle combine un capteur 1 pouce, une vidéo 4K jusqu’à 240 images/seconde et un suivi de sujet intelligent pour offrir une vraie polyvalence en mobilité. À ce stade, la Pocket 4P n’a pas encore de prix officiel confirmé en euros. Les premiers échos évoquent un tarif d’environ 700 dollars, ce qui la placerait clairement dans le haut de gamme du format de poche. Face à elle, la concurrence la plus crédible vient de l’Insta360 Luna, vendue autour de 500 à 600 dollars.